Cinq romanciers condamnés pour s’être (un peu trop) inspirés de la vraie vie

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Anne BrigaudeauFrance Télévisions

Plus que quelques jours avant la rentrée littéraire, et déjà une polémique. Séverine Servat de Rugy, l’épouse du président de l’Assemblée nationale François de Rugy (LREM), estime que le roman “Vivre ensemble” d’Émilie Frèche, à paraître le 22 août, porte atteinte à sa vie privée.

 

Quoi de tel qu’une odeur de soufre pour lancer la rentrée littéraire ? Avant même la parution des livres de l’automne, une polémique oppose une journaliste de Gala, Séverine Servat de Rugy, épouse du président de l’Assemblée nationale François de Rugy, à la romancière Emilie Frèche, qui publie fin août Vivre ensemble (Stock). La première reproche à la seconde de porter atteinte à sa vie privée, et à celle du fils qu’elle a eu avec Jérôme Guedj. Or Emilie Frèche est aujourd’hui la compagne de l’ancien député PS de l’Essonne, et son roman porte sur les familles recomposées.

Après avoir obtenu un encart précisant qu’il s’agissait bien d’une “œuvre de fiction”, Séverine Servat de Rugy a toutefois renoncé à demander l’interdiction du livre. Un exemple parmi d’autres d’une tendance à la judiciarisation ? Avec la floraison de romans plus ou moins autobiographiques, ou mettant en scène des personnalités connues, les procès pour atteinte à la vie privée se multiplient ces dernières années. En voici cinq exemples.

“Fragments d’une femme perdue”, de Patrick Poivre d’Arvor

Le roman. Paru en 2009 et signé Patrick Poivre d’Arvor, Fragments d’une femme perdue dépeint l’histoire d’amour entre Alexis et Violette. L’héroïne est “ce qu’on appelle une femme fatale : singulièrement belle, vénéneuse, fragile, cruelle, insaisissable”, selon le site Babelio, “et ceux qui prennent le risque de l’adorer sont en danger – après avoir été en extase”. Voilà pour la version édulcorée : ladite femme fatale y est également traitée de “pute” ou de “traînée”.

La plainte. L’ancienne compagne de l’ex-présentateur du 20 heures de TF1 n’a pas du tout apprécié cette fiction où elle s’est reconnue trait pour trait. Se sentant doublement pillée, elle porte plainte pour “atteinte à l’intimité de la vie privée”, mais aussi pour “contrefaçon”. Il a été jusqu’à reproduire, accuse-t-elle, documents à l’appui, ses lettres d’amour et ses textos. Quant aux similitudes entre l’héroïne de fiction et son inspiratrice de chair et de sang, son avocate en trouvera vingt et une : “même écart d’âge – 25 de moins que le héros –, même bague, même enfance, même passage à l‘hôpital pour même infection, même passion pour Henry Miller, mêmes voyages, etc.”, note encore Télérama. La plaignante réclame donc “150 000 euros de dommages et intérêts, l’interdiction de la sortie en poche du livre, ainsi que l’interdiction d’adaptation cinématographique”.

La décision de justice. “Les procédés littéraires utilisés ne permettent pas au lecteur de différencier les personnages de la réalité, de sorte que l’œuvre ne peut être qualifiée de fictionnelle”, estime le tribunal de grande instance de Paris. Patrick Poivre d’Arvor est donc condamné à payer 25 000 euros de dommages et intérêts à la jeune femme, ainsi que 8 000 euros couvrant les frais de justice et de publication du jugement dans deux journaux. “Mais la décision la plus grave et la plus rare sur le plan judiciaire est l’interdiction de toute nouvelle réimpression du roman”, remarque Le Figaro.

“Colères” de Lionel Duroy

Le roman. Les fictions fleuves de l’ancien journaliste de Libération puisent dans les naufrages familiaux. Après avoir conté son enfance au milieu de dix frères et sœurs et de parents fantasques dans Le Chagrin, le narrateur déroule dans Colères (Robert Laffont, 2011) la rupture avec son fils “David”, dépeint en drogué.

La plainte. Le fils de Lionel Duroy, Raphaël dans la vraie vie, porte plainte pour atteinte à la vie privée. Il fait valoir, relate L’Obs, que son père va jusqu’à insérer en page 29 de son livre un mail qu’il lui a réellement envoyé (“Tu vas pouvoir assumer ton fils camé tranquillement”, y écrit-il). Le jeune homme demande, toujours selon L’Obs, ” 25 000 euros aux éditions Robert Laffont et l’interdiction du livre. Sa destruction, donc. Sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard.”

La décision de justice. Le 23 mai 2013, la maison d’édition Robert Laffont est condamnée à verser à Raphaël Duroy 10 000 euros de dommages et intérêts pour atteintes à sa vie privée. “Nombreuses et au centre de la moitié de la première partie de l’ouvrage”, celles-ci “mettent à nu l’intimité de la construction, depuis sa naissance, d’un jeune homme de 27 ans”, souligne le tribunal de grande instance de Paris.

“Les Petits”, de Christine Angot

Le roman. La prêtresse de l’autofiction se nourrit de ses rencontres et n’en fait pas mystère. Les modèles de ses héros sont parfois célèbres : dans Le Marché des amants, elle narre ainsi ses amours, détails crus à l’appui, avec le rappeur Doc Gynéco. Dans le suivant, Les Petits (Flammarion, 2011), elle met en scène une certaine “Hélène”, compagne d’un musicien martiniquais du nom de Billy, en manipulatrice “toute puissante”, selon Le Monde. Les cinq enfants sont “instrumentalisés”, le couple devient un enfer sous l’effet de la colère permanente de la mère.

La plainte. En réalité, “Billy” est le nouveau compagnon de Christine Angot, et “Hélène”, son ex-compagne, s’appelle Élise Bidoit. Elise identifiable, la frontière se fait mince entre fiction et ingérence dans la vie privée d’autrui”,écrit L’Obs, dans un article intitulé “Comment Christine Angot a détruit la vie d’Élise B“. La jeune femme porte plainte pour atteinte à la vie privée. “À la parution de son livre, j’ai tenté de mettre fin à mes jours. Tout est vrai dans son livre, c’est ma vie. Elle veut ma mort, détruire mes enfants”, dira-t-elle à L’Express.  Elle réclame 200 000 euros de dommages et intérêts.

La décision de justice. Le 27 mai 2013, relate Le Figaro, le tribunal de grande instance de Paris ordonne à Christine Angot de verser 40 000 euros de dommages et intérêts à Élise Bidoit. La multitude de détails donnés dans le livre, souligne Le Monde, lève “dans l’esprit du lecteur tout doute sur l’enracinement dans la réalité du récit”. La justice retient comme une sorte de “circonstance aggravante”, poursuit le journal, le fait qu’Élise Bidoit avait déjà protesté contre le précédent livre de Christine Angot, manifestant ainsi “son opposition à toute utilisation, par cet auteur, d’éléments de sa vie privée”. Elle n’avait pas, cette fois-là, porté plainte (une transaction à l’amiable avait été conclue).

“Belle et bête” de Marcela Iacub

Le roman. Mêlant fiction et réalité, l’auteure, Marcela Iacub, raconte sa liaison avec Dominique Strauss-Kahn dans ce livre publié par les éditions Stock en février 2013. Elle décrit sans fard les fantasmes de son amant (non nommé), “mi-homme mi-cochon”. “Il lèche beaucoup les oreilles, adore enduire sa partenaire de confiture (à l’orange) avant de la lécher (encore), tombe littéralement en extase après avoir monologué sur les attraits de sa truie (sic)”, résume Le Point.

La plainte. Nommé ou pas, Dominique Strauss-Kahn assigne en référé l’auteure et la maison d’édition pour “atteinte à la vie privée”, avant même la parution du livre. Il réclame 100 000 euros de dommages et intérêts solidairement à Marcela Iacub et à Stock, et la même somme au Nouvel Observateur pour avoir publié en avant-première les bonnes feuilles de l’ouvrage. Il demande aussi l’insertion d’un encart dans le livre mentionnant que Belle et bête porte atteinte à sa vie privée.

La décision de justice. Le 26 février 2013, le tribunal de grande instance de Paris ordonne que l’encart  soit inséré dans l’ouvrage, comme le voulait le plaignant. Ce qui oblige Stock à retarder la mise en vente de dizaines de milliers d’exemplaires.  Marcela Iacub et sa maison d’édition doivent, en outre, verser 50 000 euros de dommages et intérêts à l’ancien patron du FMI, et Le Nouvel Observateur 25 000 euros.

“La Ballade de Rikers Island” de Régis Jauffret

Le roman. Le nom de Dominique Strauss-Kahn (encore lui) n’apparaît pas dans le roman, mais le sujet ne prête pas à ambiguïté. Parue en janvier 2014 au Seuil, La Ballade de Rikers Island déroule sur 400 pages l’affaire du Sofitel de New York. On y voit le “président d’une institution financière internationale” être “accusé de viol par une femme de chambre”, qui est, elle, nommée : Nafissatou Diallo.

La plainte. L’ancien directeur général du FMI porte plainte pour “diffamation”, qualifiée d’“effroyable”. Il n’accepte pas que l’écrivain qualifie de “scène de viol” la relation sexuelle entre lui et Nafissatou Diallo. Or, précise Télérama, “la justice américaine n’a jamais condamné DSK pour viol, puisque celui-ci a obtenu le désistement de la plaignante au civil, à la suite d’une transaction financière”. L’ancien maire de Sarcelles demande 50 000 euros.

La décision de justice. “Il ne saurait suffire, pour prétendre échapper à toute condamnation, de s’abriter sous la qualification expresse de ‘roman'”,tranche le tribunal correctionnel de Paris. Le 2 juin 2014, Régis Jauffret est condamné à une amende de 1 500 euros avec sursis, ainsi qu’à 10 000 euros de dommages et intérêts au titre du préjudice moral pour certains passages de son ouvrage et à 5 000 euros pour des propos tenus à la radio pendant la promotion de son livre. Le tribunal interdit aussi toute nouvelle édition du roman comportant les passages jugés diffamatoires. L’écrivain fait appel, en vain : le 11 mai 2017, la cour d’appel de Paris confirme le jugement de première instance.

Pour cette avocate, le travail a tout d’un roman

Cécile Reyboz | Daniel Fouray

Spécialisée en droit du travail et romancière, Cécile Reyboz a un poste d’observation idéal pour écrire sur le monde de l’entreprise. Sous sa plume vive et pleine d’humour, le monde du travail apparaît, dans toute sa splendeur et sa décadence, des profils se dégagent.

Le cabinet d’avocate de Cécile Reyboz ressemble à un théâtre. Il y entre successivement en scène salariés et employeurs, stressés, vindicatifs, combatifs, ou au bord de l’épuisement. Il y a cette salariée modèle d’une joaillerie, insidieusement poussée vers la sortie par un stagiaire ; ce peintre en bâtiment quasi analphabète mais qui a tout compris des manigances de son patron pour moins le payer ; ce directeur auquel on essaie de faire porter le chapeau du scandale touchant son entreprise…

« La musique du langage juridique »

De ces rencontres, Cécile Reyboz aurait pu faire une pièce, elle qui est entrée en écriture par le théâtre. Elle a préféré écrire un roman, Clientèle. Elle tient à le préciser, elle n’est pas une avocate qui écrit, mais une romancière devenue avocate, déjà auteure de trois livres.

Cette femme souriante et coquette de 50 ans a bien fait de très sérieuses études de droit. Presque par dépit. Parisienne aux attaches savoyardes, elle voulait être médecin, comme papa. « Un métier qui soit un bon observatoire de la nature humaine. » Trop mauvaise en maths. Alors, elle s’est laissée « prendre par la musique du langage juridique », a découvert le droit du travail.

Elle a travaillé pendant quinze ans dans des services de relations humaines, notamment pour un grand laboratoire pharmaceutique. Après les folles années 1990, avec l’explosion de la santé au travail, les 35 heures, la théorisation du harcèlement moral, est venue la désillusion des années 2000, « la mode du tout consultant, les nouvelles organisations piégeuses et infantilisantes, la rationalisation des coûts, les externalisations, les faux dialogues, les métiers inexplicables et qui ne servent à rien… »

Le coup de grâce est venu d’un changement d’intitulé de son poste. « J’étais responsable en relations sociales, on m’a nommée HRBP, Human Resource Business Partner… » Elle qui ne comprenait déjà plus le sens de son travail n’a pas supporté ce nom abscons.

Comment écrire?

Elle a démissionné en 2008, s’est installée comme avocate en droit du travail dans le huitième arrondissement. Elle travaille seule, « de façon quasi artisanale », reçoit une clientèle de salariés et de petits employeurs.En riant, elle reconnaît qu’elle a commencé à écrire sur son temps de travail, lorsqu’elle exerçait encore en entreprise. « J’arrivais à sauver deux heures par jour. Je le faisais pour compenser des journées professionnelles bancales, incomplètes, décevantes. »

Pourtant, il lui a fallu du temps pour se lancer. « J’ai détesté Céline ! » Lui et beaucoup d’autres. « Comment écrire, après des auteurs si talentueux ? » Et puis elle s’y est mise. « Le moteur, ça a été l’impression de percevoir des choses qui n’avaient pas encore été dites, ou pas de cette façon-là… »

Le destin de son premier roman la conforte dans ses choix. Chanson pour Bestioles a obtenu le prix de la Closerie des Lilas en 2008. L’héroïne y laissait tout tomber, et partait pour un voyage en train qui tournait à l’absurde. Son deuxième livre, Pencher pour, mettait en scène un conseiller prud’homal et une avocate.

« Je ne crois pas aux héros humains »

Pour Clientèle, elle avait le poste d’observation idéal. Elle parvient à y rendre passionnante une matière jugée, à tort, peu excitante… Sous sa plume vive et pleine d’humour, le monde du travail apparaît, dans toute sa splendeur et sa décadence, des profils se dégagent. « Certains perçoivent la rupture professionnelle comme une rupture amoureuse, d’autres règlent leurs comptes à travers une demande chiffrée, d’autres encore veulent aller jusqu’au bout sans transiger, quelle que soit l’issue financière… »

Beaucoup ont du mal à parler d’argent. Comme cette salariée licenciée qui n’arrive pas à venir chercher son gros chèque. « Elle devait se dire, « C’est le prix qu’ils mettent pour se débarrasser de moi. » »

Tous les personnages de son roman existent, même si elle a brouillé les pistes, et a fait œuvre littéraire. L’avocate du roman lui ressemble beaucoup. Elle y apparaît à l’écoute, en empathie, agacée parfois… « Attention, je ne veux pas être vue comme une avocate qui prend sur elle la douleur des gens. » Elle n’est pas une justicière. « Je ne crois pas aux héros humains. Ce qui m’intéresse, c’est de restituer les situations, les gens tels que je les perçois, avec toute leur ambiguïté, leur mauvaise foi, leurs nuances… » Elle n’a aucun problème avec l’autofiction, un genre si décrié : « Parler de soi, ça parle des autres »…

Clientèle, Actes Sud, 200 pages, 19 €.Cécile Reyboz défend ses clients sans se prendre pour une justicière.Daniel Fouray

 10 LIVRES DE DROIT

10 ouvrages incontournables

1/ Étienne de La Boétie « Discours de la servitude volontaire »

la boetie
« Soyez résolus à ne plus servir, et vous voilà libres. »

Publié en 1576 par un jeune homme de 18 ans seulement, ami de Montaigne, ce texte est d’une stupéfiante actualité. Ode à la liberté et à la résistance à l’oppression, le célèbre discours de La Boétie appelle les hommes à se libérer de leur servitude, à laquelle ils consentent volontairement par l’habitude, et à vivre libres en renversant les tyrans. L’auteur nous rappelle que l’union fait la force, et que la liberté se conquiert.

2 & 3/ Platon « Phèdre » et « Gorgias »

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« La rhétorique n’a aucun besoin de savoir ce que sont les choses dont elle parle ; simplement elle a découvert un procédé qui sert à convaincre, et le résultat est que, devant un public d’ignorants, elle a l’air d’en savoir plus que n’en savent les connaisseurs […] Dans les tribunaux, personne n’a le moindre souci de la vérité. »

Dans « Phèdre » (deuxième partie) et « Gorgias », Socrate, retranscrit par Platon, dénonce la rhétorique (l’art oratoire), comme une méthode ne permettant pas de faire émerger la vérité. Socrate critique le pouvoir de conviction des sophistes (qui pourraient être aujourd’hui les avocats) dans les Cours de justice, au détriment du vrai. Les deux dialogues de Platon sont indispensables pour se rappeler toujours que l’art oratoire est inutile, voire nuisible à l’émergence de la vérité, et qu’il faut en revenir à un examen dépassionné des faits.

4/ Jean-Jacques Rousseau « Du contrat social »
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« Quiconque refusera d’obéir à la volonté générale y sera contraint par tout le corps : ce qui ne signifie pas autre chose sinon qu’on le forcera à être libre. »

Paru en 1762 et affirmant avec force le principe de la souveraineté populaire, « Du contrat social » de Jean Jacques Rousseau est un incontournable de la philosophie politique, qui a inspiré a inspiré nombre de constitutionnalistes. Soulevant l’éternelle question de la conciliation des intérêts particuliers et de l’intérêt général, et cherchant à définir le lien social, l’auteur nous invite à réfléchir sur ce qui « fait société ». Intemporel.

5/ Sophocle / Anouilh « Antigone »
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« Comprendre. Toujours comprendre. Moi, je ne veux pas comprendre. »

Tragédie grecque, « Antigone » est un chef-d’œuvre de la pensée. Se plonger dans sa version antique (Sophocle) ou contemporaine (Anouilh), c’est ressentir le questionnement éternel entre droit naturel et droit positif, la confrontation entre la liberté et l’obéissance. Peut-on vivre libre ? Faut-il obéir ? Existe-t-il des règles de droit non écrites, éternelles, primant toutes les autres ? « Antigone » soulève plus de questions que de réponses, et c’est très bien ainsi ! À lire et relire.

6/ Beccaria « Des délits et des peines »
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« En vertu de quel droit les hommes peuvent-ils se permettre de tuer leurs semblables ? »

Dans « Des délits et des peines », le marquis Beccaria pose en 1765 l’ensemble des principes structurants du droit pénal en réfléchissant sur la finalité de la peine, et sa nécessaire proportionnalité aux délits. Reconnu comme le premier des abolitionnistes, Beccaria démontre l’inutilité et la cruauté de la peine de mort. Robert Badinter lui rendra un hommage appuyé en préfaçant l’ouvrage. Lire Beccaria, c’est comprendre les fondements philosophiques du droit pénal. Cette lecture se prolongera avec « Le Dernier Jour d’un condamné » de Victor Hugo.

7/ Sieyès « Qu’est-ce que le tiers-état ? »

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« Qu’est-ce que le tiers-état ? Tout. Qu’a-t-il été jusqu’à présent dans l’ordre politique ? Rien. Que demande-t-il ? A être quelque chose. »

Publié en 1789 lors de la convocation des États généraux, « Qu’est-ce que le tiers-état ? » est un appel à l’insurrection populaire, et à une réelle représentativité de la Nation dans une Assemblée nationale constituante. Un ouvrage indispensable pour comprendre la Révolution française, qui scellera le sort de l’Ancien Régime, et la théorie de la souveraineté nationale.

8/ Kafka « Le procès »
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« La Justice doit être immobile, sinon sa balance vacille et il ne peut plus y avoir de jugement équitable. »

Dans « Le procès », Kafka conduit le lecteur dans les méandres de la Justice, qu’il décrit par l’absurde. Satire de l’univers judiciaire, de sa lenteur et de sa bureaucratie, l’ouvrage dépeint les travers du juridisme avec beaucoup d’humour. Angoissant parfois, drôle souvent, perspicace toujours, « Le procès » plaira à qui sait le lire. Kafkaïen !
9/ Aristote « Constitution d’Athènes »

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« Ceci est la coutume des Athéniens établie par les ancêtres : si quelqu’un se révolte pour devenir tyran ou aide à établir la tyrannie, il sera privé de tout droit, lui et sa famille. »

Dans sa « Constitution d’Athènes » rédigée aux alentours de 329 av. J.-C., Aristote décrit la vie de la cité athénienne et de ses institutions dans l’Antiquité. Un ouvrage remarquable de pédagogie sur la démocratie, par ceux qui l’ont inventée. Comment comprendre où nous allons, sans savoir d’où nous venons ?

10/ Racine « Les plaideurs »

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« Si vous parlez toujours, il faut que je me taise. »

« Les plaideurs » est une comédie théâtrale sur l’univers de la justice. Pièce en 3 actes, la farce de Racine détendra les étudiants studieux qui auront eu le courage de lire les 9 ouvrages précédents, bien trop sérieux !

***

PS : Les étudiants qui en redemandent liront « Le Prince » de Machiavel, et « L’étranger » de Camus.

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Pierrick Gardien

Pierrick Gardien

Avocat Droit Public – Barreau de Lyon

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Quand la Justice fait son festival…

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Plusieurs festivals (de cinéma essentiellement) s’intéressent chaque année à la Justice… Nous présenterons régulièrement sur cette page les festivals annuels ou en tous les cas récurrents.

Festival du film judiciaire du Barreau de Paris.

 

Edition 2017 (4ème) : les 13, 14 et 15 septembre 2017.Le festival du film judiciaire se déroule au sein de l’auditorium de de la Maison du Barreau de Paris. La projection des films est suivie par des interventions de professionnels.
Cette année, le festival sera présidé par Isabelle Giordano.
Au programme : Le Brio d’Yvan Attal ; Le Procès de Viviane Amsalem de Shlomi Elkabetz et Ronit Elkabetz ; Citizenfour de Laura Poitras.
En savoir plus sur le festival…


Festival du Film Judiciaire de Laval.

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9ème édition : les 05 et 06 octobre 2017.Festival cinématographique co-organisé par la ville de Laval, Laval agglo, l’Ordre des avocats du Barreau de Laval, la faculté de Droits de Laval et Cinéville Laval.

Pour cette 9ème édition, le fil conducteur sera la “notion de liberté”.
Au programme : “Loving” de Jeff Nichols ; “I am not your negro” de Raoul Peck ; “Le 7ème juré” de Georges Lautner ; “12 jours” de Raymond Depardon
En savoir plus sur le festival…


Justice et Cinéma, les rencontres de La Rochelle

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Edition 2017 (la 8ème) : les 6 et 7 octobre 2017.Créée à l’initiative de plusieurs avocats passionnés de cinéma, l’association “Justice et Cinéma, les rencontres de La Rochelle ” se propose d’offrir sur deux ou trois jours des rencontres autour de films sur la justice chaque année sur un thème différent.
Ces rencontres sont ouvertes à tous, grande famille judiciaire, étudiants, tout public.

Cette 8ème édition aborde le thème suivant : “l’aveu en Justice“.
Les films présentés : “Un coupable idéal” de Jean-Xavier de Lestrade et “Sous peine d’innocence” de Pierre Barnerias.
Jean Yves Le Borgne, ancien Vice Bâtonnier du Barreau de Paris, avocat pénaliste, Président de l’association des avocats pénalistes, participera aux débats et réflexions sur les délicats problèmes de l’aveu en justice, sujet transversal qui permettra d’aborder la garde à vue, le plaider coupable, le rôle de l’avocat, la réparation des condamnations prononcées à tort, etc… 
En savoir plus sur le festival…


Festival International du Film des Droits de l’Homme de Paris

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15ème édition du 24 au 31 octobre 2017.Programme à venir…

L’association Alliance Ciné a fondé et organise le Festival International du Film des Droits de l’Homme (FIFDH) de Paris depuis 2003. Grande manifestation culturelle sur les droits humains en France. 
Depuis plus de dix ans, cette manifestation présente pendant une semaine un panorama de la production cinématographique documentaire sur le thème des droits humains. Chaque projection est suivie d’une rencontre avec le réalisateur et d’un débat avec le public, en présence d’intervenants présents sur le terrain (responsables d’ONG, journalistes, universitaires, etc.).

Le festival est tourné vers le grand public mais s’adresse en particulier aux jeunes des établissements scolaires des collèges et lycées pour les sensibiliser aux différentes problématiques liées à la défense et la promotion des droits humains.
Le festival propose des films, des dessins animés, des documentaires, des courts-métrages…
En savoir plus sur le festival…


Festival Justice en cultures à Strasbourg.

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Edition 2017 prévue en octobre.Organisé par l’Institut d’études judiciaires de Strasbourg, le festival Justice en cultures regroupe un ensemble de manifestations de « culture judiciaire » : conférences, projections de films, lectures de texte.
Cette troisième édition du festival avait pour thème “Pour une nouvelle géographie de la Justice”. 
Dernière édition : du 15 septembre au 15 octobre 2016.
En savoir plus sur le festival…


Festival Robes noires sur écran blanc de Metz.

Dernière édition (1ère édition) : Samedi 13 mai 2017.

Organisé par l’ordre des avocats et l’université de Droit, Economie et Administration de Metz, le festival du film judiciaire “Robes noires et écran blanc” est l’occasion de mettre une lumière différente sur les professionnels du Droit.
4 films seront en compétitions.
En savoir plus sur le festival…


Festival Ciné-Droit à Sceaux

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Dernière édition (la 9ème édition) : du 15 au 18 mars 2017.Ce festival est proposé par le centre d’études et de recherche en droit de l’immatériel (CERDI) de la faculté Jean-Monnet de l’université Paris-Sud et la ville de Sceaux (92).
Pour cette 9ème édition, il s’est tenu dans le cadre de la Fête nationale du Droit et a mis en lumière les liens entre le cinéma, la musique et le droit.
Cet événement, était présidé par Laurent Petitgirard, compositeur et chef d’orchestre, il fut rythmé par un ciné-concert, des projections et des débats. 
En savoir plus sur le festival…


Festival du film judiciaire de Rouen.

Dernière édition (la 14ème) : du 28 février au 17 mars 2017.

L’Académie et la Cour d’appel de Rouen organisent le Festival du film judiciaire de l’Académie de Rouen, dans plusieurs villes de Normandie.
Des débats animés par des professionnels du droit sont organisés dans des établissements scolaires.
Ce festival donne l’occasion aux élèves et aux enseignants de porter un regard sur la Justice, son fonctionnement et ses enjeux et d’interroger la seule représentation de la justice dont disposent souvent les élèves, celle de l’image qu’en donnent le cinéma ou la télévision.
Le thème : “La recherche de la vérité”
Les films retenus : 
Le labyrinthe du silence de Giulio Ricciarelli ; Broadchurch (saison 2 épisodes 1 et 2) de James Strong et Euros Lyn.
En savoir plus sur le festival…


Images de Justice : 13ème édition Rennes Métropole

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Dernière édition (la 13ème) : du 23 au 28 janvier 2017.Comptoir du Doc dans sa programmation propose un festival “Images de Justice”.
Durant une semaine, ce festival propose au public la projection de documentaires contemporains internationaux questionnant la justice. Il favorise aussi des rencontres croisées entre les professionnels de l’image et de la justice.

Cette 13ème édition avait pour thème le Droit des migrants.
Programme complet du festival ici.
En savoir plus sur le festival…


Rencontres Droit Justice Cinéma à Lyon.

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Pas d’édition prévue pour l’année 2017.Allier le droit et la justice au cinéma tout en touchant un large public, c’est le pari qu’ont fait le Barreau de Lyon et l’Université Jean Moulin Lyon 3 en organisant ce festival (7ème édition en 2016).
L’objectif étant d’améliorer la perception et la compréhension du monde judiciaire auprès du grand public.
Trois jours de projections, débats, tables rondes pour explorer les relations riches et anciennes entre le cinéma et les problématiques du droit et de la justice.
Dernière édition (7ème) : du 1er au 3 mars 2016. 
En savoir plus sur le festival…

En savoir plus sur https://www.village-justice.com/articles/Quand-Justice-festival,14343.html#7BsFZBBL5drqb8Ik.99

Intolérable cruauté (Les frères Coen)

Intolerable-cruaute-affiche-8356Les VIes Rencontres Droit et Cinéma sont cette année consacrées à la famille.

Intolérable cruauté (Intolerale cruelty), de Joel Coen, sorti en 2003.

Cette réjouissante comédie offre une vision hilarante du mariage et des avocats. Nul besoin d’être juriste pour apprécier ce film, heureusement. L’histoire est assez simple : Miles Massey, joué par George Clooney, est un avocat spécialiste du divorce. Déçu de tout gagner, il est en manque de défis. Celui-ci se présente lorsqu’il doit défendre un riche industriel auteur d’un adultère, qui ne souhaite rien laisser à sa femme, Marylin, jouée par Catherine Zeta-Jones. Tout est perdu d’avance, mais grâce à un témoignage obtenu de façon bien peu déontologique, pour ne pas dire illégale, Miles Massey réussit à renverser la tendance, démontrant au juge que Marylin n’a jamais eu l’intention de contracter un mariage mais bien de « plumer » un homme grâce à un divorce profitable. Malgré tout le cynisme de Miles Massey, il tombe amoureux de Marylin. Malheureusement, celle-ci cherche à se venger et entraîne Miles Massey dans une série de rebondissements tous plus drôles les uns que les autres.

On pourrait voir dans ce film un prétexte pédagogique à un exercice de droit de la famille ou de droit pénal : quel serait le fondement en droit français de la victoire de Miles contre Marylin lors du premier procès ? On pense alors à l’article 146 du Code civil et l’absence de consentement. Le témoignage du baron Krauss von Espy, obtenu par une violation de domicile, est-il recevable ? L’escroquerie est-elle caractérisée ? Y a-t-il meurtre du tueur à gages asthmatique ? L’exercice serait amusant mais l’approche Droit et Cinéma serait limitée si elle restait cantonnée à ce niveau. La démarche devient plus intéressante lorsqu’il s’agit de voir comment le droit est montré dans ce film. Intolérable cruauté présente la particularité d’être un film sur le droit. Mieux, il s’agit d’une comédie sur le droit. Sans souci d’exhaustivité, deux thèmes principaux apparaissent : la profession d’avocat et le droit de la famille. La profession d’avocat n’est guère épargnée : les intérêts des clients sont secondaires ; seuls comptent les honoraires et la réputation personnelle. Au-delà de la profession d’avocat, c’est le droit lui-même qui est raillé : technique, incompréhensible, sans logique sinon celle de permettre les pires injustices. Il ressort de cette comédie un vaste sentiment de vanité. Le film est hilarant lorsque les professions juridiques sont moquées ; il se fait étrangement plus cinglant lorsque le droit de la famille en vient à être critiqué.

Les professions  moquées

Les professions juridiques sont au cœur du film. Certaines sont secondaires : le film ne s’y attache quasiment pas. Une autre est primordiale : la profession d’avocat.

Les juges sont les grands absents du film. Seuls habilités à prononcer le divorce, ils ne sont que des figurants ne retenant absolument pas l’attention du réalisateur. La chose n’est guère étonnante au vu de la piètre vision du droit montrée dans le film. Le juge ne vient qu’entériner les astuces rhétoriques, les détournements procéduraux. Il est dupe des mensonges proférés à la barre.

A côté du juge se trouve l’équivalent de nos greffiers et huissiers. Quand l’avocat, héros du film, est joué par George Clooney, l’huissier est joué par un inconnu qui réussit à montrer l’ennui de la routine judiciaire : aucune solennité et un visage d’un profond ennui. La greffière n’est pas mieux traitée, dont le rôle se limite à rappeler à Miles Massey le contenu des derniers échanges, en lisant l’ensemble d’une voix monotone.

Une autre profession focalise davantage l’attention : celle de détective privé. Gus Petch est sans foi ni loi. Il viole allègrement la vie privée et répète en boucle que son rôle n’est pas d’être loyal : « You want tact, call a tactician. You want an ass nailed, you come see Gus Petch ». Sans lui, pas de victoire. Sans ses interventions, aucun succès judiciaire malhonnête. Gus Petch est sans foi ni loi : il se vend au plus offrant.

Viennent enfin les avocats et, plus particulièrement, Miles Massey. Brillant avocat qui s’ennuie à tout gagner. Il est l’auteur du Massey Prenup, le contrat de mariage qui garantit que le mariage contracté est un mariage d’amour : ce contrat est infaillible, comme l’explique lui-même Miles à Marylin: « Not to blow my own horn, but they devote an entire semester to it at Harvard Law ». Il est aussi talentueux qu’il est cynique. Mieux, il n’est talentueux que parce qu’il est cynique. Son talent est basé sur le contentieux et l’existence d’une faute cause de divorce est son fonds de commerce. Il est ainsi particulièrement choqué d’avoir vu une publicité vantant les mérites du divorce sans faute : « « No-fault divorce… two-week divorce without a lawyer. » Made me sick to my stomach. « No-fault divorce » ». C’est lorsqu’il devient amoureux de Marylin et tombe dans le piège qu’elle a mis en place qu’il redevient humain. Ce changement ce manifeste au cours du congrès des avocats spécialistes de droit de la famille, organisé à Las Vegas et dont il est le keynote speaker : « From the Los Angeles firm of Massey, Myerson, Sloan and Gurolnick, a man whose name is synonymous with bitter disputes and big awards ». Il annonce à la salle médusée qu’il ne traitera pas le sujet prévu – le sujet de l’année précédente concernait « the disposition of marital assets following murder/suicide » – mais qu’il préfère leur parler de l’amour, mot oublié par les avocats spécialistes de droit de la famille. Le réalisateur n’est pas tendre avec l’avocat : l’amour est ce qui marque sa déchéance professionnelle. L’avocat ne peut qu’être intéressé par l’argent et la gloire judiciaire si l’on en croit Joel Coen.

Le droit critiqué

Le droit est mis en avant comme une simple technique détachée de l’idée de justice. Il est un instrument au service des riches permettant d’organiser atteintes à la vie privée, escroqueries et profits financiers.

Le droit apparaît trop technique, incompréhensible pour le justiciable, totalement éloigné de l’idée de justice. Cet aspect se retrouve dans plusieurs scènes. Ainsi, lorsque Miles Massey récupère de manière illicite le carnet d’adresses de Marylin, à la recherche de son Tenzing Norgay, son associé l’informe des risques qu’il encourt : « – Couldn’t you be disbarred for that? I don’t think so. Maybe if I’d had the patty melt. ‘ You had a guy break into her house and photograph her address book. – No, Wrigley, I happened to let a man know that I was interested in her address book… that’s not criminal. I also happened to let him know that I was taking her out to dinner. That’s not a crime either. No, I don’t see myself as culpable in any sense ». La nuance est mince et l’argument juridique laisse songeur : mais Miles Massey gagne toujours, il doit donc avoir raison.

On pense également à la scène ouvrant le procès du divorce entre Marylin et Rex Rexroth :

Le droit des riches permet de le devenir encore plus. Le droit des pauvres est vu comme une mission plus noble, mais à laquelle personne ne se dévoue, faute d’intérêt financier. Comment ne pas y voir une critique acerbe du système judiciaire américain ou les pauvres ne peuvent compter que sur le pro bono ?

Excellente comédie judiciaire, Intolérable cruauté pourrait figurer en filmographie des étudiants de première année. Ses différents degrés de lecture en font une œuvre aussi divertissante qu’intelligente que ces quelques lignes n’ont fait qu’effleurer.


Lucien Baumann

Lucien Baumann, né le à Rennes en Ille-et-Vilaine et mort le à Niederhaslach dans le Bas-Rhin est un avocat, poète et homme de lettres français.

Biographie

Lucien Baumann a fait ses études en Alsace, d’abord au Lycée Fustel-de-Coulanges de Strasbourg où enseignait son père, puis à la Faculté de Droit de Strasbourg pour sa licence et son doctorat économie Politique.

Avocat au Barreau de Strasbourg en 1933, Lucien Baumann a assuré la défense de Lucien Sittler en 1937, qui reste dans la mémoire locale comme le dernier condamné à mort exécuté en Alsace1. Il a milité pour l’abolition de la peine de mort en France.

Lucien Baumann, ancien bâtonnier de Strasbourg de 1976 à 1978, vient tardivement à l’écriture puisque jusqu’à sa retraite dans les années 1980, l’avocat ignorait l’écrivain.

Poète inspiré, il a publié plus d’une vingtaine d’ouvrages, préfacés entre autres par Léopold Sédar Senghor, Pierre de Boisdeffre, Michel Déon et illustrés par Charles-Gustave Stoskopf, Tomi Ungerer, Claude Lapointe, Camille Claus, Robert Beltz et Pavel Canda.

Outre de très nombreux prix littéraires, Lucien Baumann a été récompensé à deux reprises par l’Académie française dont il a reçu la grande médaille pour Fables d’Aujourd’hui en 1986 et la médaille de bronze du Prix Paul Verlaine pour Le Rendez-vous de Samarcande en 1996.

Il meurt le à l’âge de 102 ans, à Niederhaslach en Alsace2.

Œuvre poétique

Prix littéraires

  • Premier prix de la Fable de la Société des Poètes et Artistes de France – Belfort – 1980.
  • Plaquette d’Or de l’Académie Internationale de Lutèce – Paris – 1984.
  • Prix du Palais Littéraire – Paris 1976.
  • Lauréat de l’Académie Française – Grande Médaille – pour Fables d’Aujourd’hui – 1986.
  • Bretzel d’or de la Poésie décerné par l’Institut des Arts et Traditions Populaires d’Alsace Strasbourg – 1987.
  • Prix de poésie classique de la XIe Biennale Azuréenne de Cannes – 1987.
  • Prix de poésie « Clément Marot » de l’Académie Littré pour Le Chasseur de Papillons – 1988.
  • Prix du Palais Littéraire – Strasbourg – 1988.
  • Prix Cesare Pavese pour l’ensemble de son œuvre – San Stefano Belbo (Italie)- 1992
  • Prix Raphaël Leygues de la Société des Poètes Français pour l’ensemble de son œuvre – Paris 1993.
  • Prix de la Nature et de l’Environnement du Jasmin d’Argent – Société Littéraire de l’Agenais – 1993.
  • Prix Maurice Donnay de la Fédération Nationale des Écrivains de France – Académie des Provinces Françaises pour De l’Avare au Zélé ou Les Caractères de A à Z – 1995.
  • Lauréat de l’Académie Française, Prix Paul Verlaine pour Le Rendez-vous de Samarcande – 1996.
  • Prix Huguette Perrier de Poésie Classique de l’Académie des Jeux Floraux de Toulouse pour Les Tréteaux sont Dressés – 1996.
  • Lyre d’Honneur de l’Institut Académique de Paris – 1996.
  • Prix spécial du jury de la Fédération des Écrivains de France – Académie des Provinces Françaises – 1998.
  • Prix Bernard Aurore de l’Académie des Poètes Classiques de France – 1998.
  • Prix Spécial du Jasmin d’Argent pour l’ensemble de son œuvre – 1998.
  • Prix Jean Michel Renaitour de la Société des Poètes Français – Prix de fondation – 1998.
  • Coupe de la Ville de Paris de l’Institut Académique de Paris – 1998.
  • Premier prix de Poésie Classique du Conservatoire de la Poésie Classique Française Paris – 1998.
  • Grande Coupe d’Honneur – Hors concours – de l’Académie Internationale de Lutèce Paris – 1999.
  • Prix de littérature pour l’ensemble de son œuvre décerné par l’Académie des Marches de l’Est – 2009.

Hommages et reconnaissance

  • Grande médaille René Cassin pour les mérites acquis au titre du civisme et de la défense des Droits de l’Homme – Metz 1989.
  • Médaille d’honneur de la ville de Metz – 1989.
  • Grande Médaille du Centre Mondial de la Liberté et des Droits de l’Homme – Verdun 1990.
  • Depuis 2003 le Lycée Fustel-de-Coulanges de Strasbourg décerne un prix de poésie classique intitulé Prix de poésie classique Lucien Baumann.
  • En 2008 le concours étudiant de poésie du CROUS de Strasbourg est baptisé Prix de la Poésie Universitaire Lucien Baumann.
  • À Niederhaslach dans le Bas-Rhin où il demeure, une voie s’appelle Rue du Bâtonnier Baumann.

Notes et références

Bibliographie

Liens externes