La rupture brutale d’une relation commerciale peut être justifiée

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Le code de commerce sanctionne la rupture brutale des relations commerciales établies. La Cour de cassation a du examiner le cas d’un contrat signé entre un mandant et un mandataire. Dans ce contrat il est prévu la possibilité pour le mandant de dénoncer le contrat en cas de non-paiement des sommes dues par son mandataire. Quelques mois après la reconduction tacite du mandat, le mandant met fin au contrat sans préavis au motif que le non paiement des sommes dues par le mandataire constituait une faute grave justifiant de la rupture sans préavis. Le mandataire conteste cette rupture qu’il juge brutale. La Cour de cassation donne raison au mandant : la persistance des impayés d’une partie peut constituer un manquement grave à ses obligations essentielles justifiant ainsi la rupture sans préavis d’une relation commerciale établie… 

Extrait de l’arrêt de la Cour de cassation, chambre commerciale, du mercredi 27 mars 2019.
Pourvoi n° : 17-16548. 

« LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE COMMERCIALE, a rendu l’arrêt suivant : 

Sur le moyen unique : 

Attendu, selon l’arrêt attaqué (Paris, 10 mars 2017), que la société Gibmedia, spécialisée dans la mise à disposition de contenus numériques à usage du grand public, est en relation depuis 2005 avec les sociétés composant le groupe Dispofi, comprenant notamment la société Dispobiz, laquelle propose un accès payant à différents services en ligne et a conclu, à partir de 2009, des conventions tripartites avec les sociétés Gibmedia et France Telecom ; que cette dernière ayant décidé de mettre un terme à son service de minitel, les sociétés du groupe Dispofi ont, le 15 juin 2012, signé avec la société Gibmedia un protocole d’accord par lequel elles s’engageaient à mettre un terme à tous les litiges, nés ou à naître, relatifs à la fin des contrats Teletel et à la nouvelle offre “Contact +” de la société France Telecom et, le 21 juin 2012, confié à la société Gibmedia un mandat exclusif de représentation d’une durée de six mois pour négocier avec la société France Telecom les modalités de la migration de leurs sites vers sa nouvelle offre, avec faculté de dénonciation en cas de non-paiement des sommes dues au mandant ; que reprochant aux sociétés du groupe Dispofi d’avoir, le 7 février 2013, mis fin à ce mandat avec effet immédiat pour inexécution de cette obligation, la société Gibmedia a assigné la société Dispofi en paiement de dommages-intérêts pour rupture brutale de la relation commerciale établie ; 

Attendu que la société Gibmedia fait grief à l’arrêt de dire que la rupture des relations commerciales était justifiée et de rejeter sa demande alors, selon le moyen : 

1°/ que pour apprécier la rupture de la relation de prestation de service de monétisation des offres sur internet, liant les parties depuis 2005, la cour d’appel s’est fondée sur les stipulations du mandat de négociation régularisé le 21 juin 2012 ; que ce mandat, conclu pour une durée de 6 mois, n’avait pas été reconduit et était arrivé à son terme le 21 décembre 2012, ainsi que l’indiquait la société Dispobiz dans son courrier du 7 février 2013 ; qu’en appréciant la rupture de la convention de prestation de service informatique au regard des stipulations du mandat de négociation, qui avait pris fin, la cour d’appel, qui a confondu les deux relations, a violé les articles L. 442-6 I 5° du code de commerce et 1134 du code civil dans sa rédaction applicable en l’espèce ; 

2°/ que la rupture sans préavis d’une relation commerciale établie suppose une faute d’une gravité telle qu’elle ne permette pas le maintien de la relation ; que le fait de ne pas être à jour des paiements ne constitue pas une faute grave autorisant une rupture sans préavis ; qu’en retenant que la rupture était justifiée au regard de l’existence d’impayés, sans préciser en quoi cette situation tolérée depuis des années, avait brutalement dégénéré en faute suffisamment grave pour justifier une rupture immédiate de la relation, la cour d’appel a privé sa décision de base légale au regard de l’article L. 442-6 I 5° du code de commerce ; 

3°/ que la rupture s’apprécie au jour où elle intervient ;que pour considérer que la rupture à effet immédiat du 7 février 2013 était justifiée par l’existence d’impayés, la cour d’appel s’est référée au jugement du tribunal de commerce de Toulouse du 30 septembre 2015 qui a fixé la créance de la société Dispobiz , qui était contestée ; qu’en retenant que la rupture était justifiée au regard d’une décision intervenue plusieurs années plus tard, la cour d’appel a violé l’article L. 442-6 I 5° du code de commerce ; 

4°/ que pour considérer que l’existence d’impayés justifiait la rupture immédiate de la relation, la cour d’appel s’est fondée sur l’article 6 du mandat ; qu’en se fondant sur une disposition qui non seulement n’était plus applicable, mais encore ne la dispensait pas d’apprécier elle-même la gravité du manquement invoqué, la cour d’appel a violé l’article L. 442-6 I 5° du code de commerce ; 

Mais attendu qu’après avoir retenu, par des motifs non critiqués, l’existence entre les parties d’une relation commerciale établie, commencée en 2005 et consistant à mettre en oeuvre des contrats tripartites avec la société France Telecom dans le cadre de l’offre Teletel, interrompue en 2012 en raison de la cessation de ce service, destiné à être remplacé par la solution “Contact +”, et reprise concomitamment par la conclusion, le 21 juin 2012, d’un mandat de représentation exclusif aux fins de négocier avec la société France Telecom les modalités techniques et financières de l’adhésion à l’offre “Contact +” ainsi que d’accomplir les opérations nécessaires à l’ouverture des codes de services, l’arrêt relève que cette relation commerciale ne s’est ensuite plus interrompue jusqu’au 7 février 2013, le mandat ayant continué par tacite reconduction après sa date d’expiration, fixée au 21 décembre 2012 ; qu’il ajoute qu’il résulte des documents produits, notamment des courriels, mises en demeure, sommation et jugements intervenus, qu’il analyse, qu’un différend oppose les parties depuis 2010, portant sur le paiement de factures par la société Gibmedia, pour un montant de 301 273,26 euros, cette dette étant rappelée dans le mandat du 26 juin 2012, en son article 6, et que la société Gibmedia n’a rien versé depuis le 26 novembre 2010 ; qu’en l’état de ces constatations et appréciations, la cour d’appel, qui a souverainement estimé que ce manquement de la société Gibmedia à ses obligations essentielles était établi et qu’il était suffisamment grave pour justifier la rupture de la relation commerciale sans préavis, a légalement justifié sa décision sans méconnaître les dispositions de l’article L. 442-6, I 5° du code de commerce ; que le moyen n’est pas fondé ; 

PAR CES MOTIFS : 

REJETTE le pourvoi ; 

Condamne la société Gibmedia aux dépens ; 

Vu l’article 700 du code de procédure civile, rejette sa demande et la condamne à payer à la société Dispobiz la somme de 3 000 euros ; 

Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, chambre commerciale, financière et économique, et prononcé par le président en son audience publique du vingt-sept mars deux mille dix-neuf.

Nouvel article L.442-1 du Code de Commerce: La durée de préavis en cas de rupture des relations commerciales établies

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L’ordonnance n° 2019-359 du 24 avril 2019 réorganise et réécrit (entre autres) l’article L.442-6 du Code de commerce régissant jusqu’à présent le déséquilibre significatif entre partenaires commerciaux et la rupture brutale de relation commerciale établie. Les nouvelles règles sont désormais précisées à l’article L. 442-1 du Code de commerce qui recentre la liste des pratiques restrictives autour de celles faisant l’objet de l’essentiel du contentieux en la matière : l’obtention d’un avantage sans contrepartie ou manifestement disproportionné (L. 442-1 I-1°), le déséquilibre significatif (L. 442-1 I-2°), et la rupture brutale de la relation commerciale établie (L. 442-2 II), avec en nouveauté, la fixation d’un plafond pour la durée du préavis à respecter.Z

I – L’appréciation de la durée nécessaire du préavis à respecter.

Construite dans le temps entre deux partenaires, une relation commerciale ne peut être rompue brutalement, même partiellement, et ce, sans un préavis écrit tenant compte de la durée de ladite relation commerciale. On rappellera qu’il est ici visée une relation commerciale véritable, et non celle faisant l’objet de commandes passées irrégulièrement dans le temps, ni même celle résultant d’appels d’offres systématiques (les juges opposant ainsi, une relation établie à une relation précaire).

En outre, est sanctionné non pas la rupture en elle-même, mais la brutalité (CA Paris, 7 juin 2017, n°14/17158 ; CA Paris, 23 mars 2017, n° 15/19284).

La jurisprudence a ainsi précisé que l’évaluation de la durée du préavis à accorder devait être appréciée en fonction de diverses modalités (CA Paris, 13 septembre 2017, n° 14/23934) :

  • ancienneté des relations ;
  • volume d’affaires réalisé ;
  • secteur d’affaires concerné ;
  • état de dépendance économique du partenaire victime de la rupture ;
  • dépenses non récupérables engagées par la victime de la rupture ;
  • temps nécessaire pour retrouver un partenaire.

Enfin, les nouvelles dispositions de l’article L. 442-1 du Code de commerce reprennent celles de l’ancien article L. 442-6 du même code en précisant que les parties ne perdent pas leur faculté de résiliation sans préavis « en cas d’inexécution par l’autre partie de ses obligations ou en cas de force majeure ».

II – Le plafonnement de la durée de préavis.

Principale nouveauté en la matière, le nouvel article L.442-1 (II) du Code de commerce instaure un plafond de la durée de préavis à respecter en cas de rupture des relations commerciales établie : « En cas de litige entre les parties sur la durée du préavis, la responsabilité de l’auteur de la rupture ne peut être engagée du chef d’une durée insuffisante dès lors qu’il a respecté un préavis de dix-huit mois ».

Dès lors, peu importe que la relation commerciale ait duré trente ans ou plus, le préavis à respecter est désormais plafonné à dix-huit mois. En outre, c’est sur cette même durée maximum que se baseront les juges en cas de litige pour fixer l’indemnité à octroyer à la partie victime de la rupture brutale, à savoir la prise en compte du chiffre d’affaires qu’aurait réalisé cette dernière avec son partenaire commercial pendant ledit préavis s’il avait été respecté.

À la lumière des multiples décisions en la matière de ces dernières années, une tendance s’est dessinée : les juges fixent en moyenne la durée du préavis à un mois par année de relation. Cependant il existe une forte variabilité des préavis pour une même ancienneté (et inversement) en fonction des situations, des usages ou des textes de loi spécifiques.

Il a par exemple été fixé un préavis de deux ans pour une relation commerciale de soixante-trois ans (CA Paris, 8 juin 2016, n°13/21346) et de quarante et un ans (Cass. com, 11 mai 2017 – n°16-13.464). Un préavis de trois ans a encore été fixé pour soixante-dix ans de relations (CA Paris, 7 janv. 2015, n°12/17844), et pour quarante-quatre ans (Limoges, 18 févr. 2015, n°13/01488).

En conséquence, le plafonnement à dix-huit mois de la durée du préavis est le bienvenu. En effet, même si une telle durée sera toujours aussi incertaine à imaginer, le législateur a ainsi voulu encadrer un minimum la règle afin d’éviter les abus et de retrouver une certaine logique : nonobstant la situation d’espèce, il est compréhensible que n’importe quel partenaire peut s’organiser dans un maximum de dix-huit mois pour palier à la fin d’une relation commerciale.

D’application immédiate à tous les contrats et avenants conclus à partir du 24 avril 2019 (même si l’avenant se réfère à un contrat conclu antérieurement), l’ordonnance n°2019-359 s’applique en revanche à partir du 1er mars 2020 pour les contrats pluriannuels en cours d’exécution.

La cessation temporaire d’activité ou la mise en sommeil d’une entreprise

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La cessation temporaire d’activité (pour une entreprise individuelle) ou la mise en sommeil (pour une société) est une cessation volontaire et temporaire d’activité, qui doit faire l’objet de formalités de publicité. Elle permet de ne pas dissoudre l’entreprise. L’entreprise mise en sommeil ou en cessation temporaire suspend son activité, mais conserve son immatriculation et continue de fonctionner au niveau social et fiscal…

Comment faire ?
Seul le représentant légal de l’entreprise (gérant, président, entrepreneur individuel, par exemple) peut décider de la cessation temporaire de l’activité, en parallèle avec une interruption de toute exploitation de l’activité.

S’il s’agit d’une société, la tenue d’une assemblée générale des associés pour décider de la mise en sommeil est facultative (sauf disposition contraire des statuts). Dans ce cas, la déclaration de cessation temporaire d’activité doit être faite dans un délai d’1 mois après l’assemblée générale.

Dans le mois qui suit l’interruption de l’activité, la cessation temporaire doit être déclarée auprès du CFE dont dépend le professionnel.

Cette déclaration entraîne :

– une inscription modificative au RCS pour un commerçant ou au Répertorie des métiers (RM) pour un artisan ;
– l’insertion automatique au Bodacc de la cessation temporaire d’activité (ce qui la rend opposable aux tiers) ;
– l’insertion d’un avis dans un journal d’annonces légales (JAL) (facultative).

La procédure est payante (frais de publicité, de greffe, etc.).

À savoir :

En aucun cas, la mise en sommeil ne peut être mise en place lors d’une procédure collective ou de prévention des difficultés des entreprises (redressement judiciaire, par exemple).

Durée
La durée de l’inactivité est limitée à :

– 2 ans pour une société ;
– 1 an pour une entreprise individuelle (renouvelable 1 fois en cas d’activité commerciale).

Obligations comptables
Le dirigeant d’une société doit, notamment, poursuivre :

– l’établissement et le dépôt des comptes sociaux annuels;
– la tenue des réunions d’assemblées générales.

Le bail commercial de l’entreprise peut être résilié (ou non renouvelé) par le bailleur, si une clause du contrat de bail prévoit l’exploitation personnelle du fonds de commerce sans discontinuité. L’entreprise peut alors être domiciliée dans une entreprise de domiciliation ou au domicile personnel de l’entreprise individuel.

Un allègement des obligations comptables est prévu pour les petites entreprises qui n’emploient pas de salarié (à la clôture du dernier exercice précédant l’inscription de la cessation totale et temporaire d’activité) :

– les commerçants et autres entrepreneurs individuels inscrits au RCS sont dispensés d’établir un bilan et un compte de résultat ;
– les TPE personnes morales peuvent établir un bilan et un compte de résultat abrégés.

L’allègement prévu ne s’applique pas s’il s’agit d’opérations modifiant la structure du bilan :

– entrée ou sortie significative de trésorerie ;
– dotation ou reprise d’une provision pour risques et charges ;
– augmentation ou réduction du capital et distribution de dividendes (pour les sociétés).

Cette dérogation est applicable uniquement aux 2 premiers exercices clos après la date d’inscription de cessation totale et temporaire d’activité.

En revanche, elle cesse d’être applicable en cas de reprise d’activité ou en cas d’embauche d’un salarié.

Cotisations sociales
Le dirigeant reste affilié au régime social dont il dépend :

– régime des travailleurs non salariés : ses charges sociales sont calculées sur une base minimale ;
– régime général de la sécurité sociale : il n’est pas redevable de cotisations sociales en l’absence de rémunération.

La cessation temporaire d’activité n’a pas d’incidence sur l’exonération de cotisations sociales accordée au titre de l’Accre. Les cotisations et contributions sociales d’éventuels salariés restent dues.

Conséquences fiscales
– dispense de déclaration et de paiement de la TVA ;
– imposition sur les bénéfices : même en l’absence de recettes ou de chiffre d’affaires, la société ou l’entrepreneur individuel doit effectuer une déclaration de résultats avec la mention “néant” ;
– la suspension d’activité est assimilée à une cessation d’activité seulement au bout de 12 mois consécutifs. L’entreprise reste redevable de la cotisation foncière des entreprises (CFE) pendant ces 12 mois puis en est exonérée.

Fin de la mise en sommeil
À l’issue de la suspension temporaire d’activité, le dirigeant peut :

– reprendre son activité = réactivation de l’entreprise ;
– cesser définitivement l’activité = dissolution de l’entreprise, avec radiation des registres (RCS ou RM) ;
– céder l’activité = cession de l’entreprise ou du fonds de commerce.

Dans tous les cas, le dirigeant doit effectuer une nouvelle modification auprès du CFE.

Radiation d’office
Au-delà de la durée maximale de cessation temporaire d’activité, le greffier du tribunal de commerce peut procéder à la radiation d’office de l’intéressé, après en avoir informé la personne morale par lettre recommandée avec avis de réception.

Le dirigeant dispose d’un délai de 6 mois pour la contester auprès du juge commis à la surveillance des registres.

Quel est le statut du conjoint du chef d’entreprise ?

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Si l’époux(se) ou le partenaire de pacs du chef d’entreprise travaille dans l’entreprise artisanale, commerciale ou libérale de ce dernier, il doit obligatoirement choisir le statut qui déterminera ses droits et obligations professionnels et sociaux  : époux(se) ou partenaire de pacs, associé ou salarié. Lors de l’immatriculation de l’entreprise, le chef d’entreprise déclare le statut choisi par son époux(se) ou partenaire de pacs. Il est toujours possible de changer de statut… 

Conjoint collaborateur
Ce statut est réservé à l’époux ou le partenaire de Pacs d’un : 

– entrepreneur individuel (commerçant, artisan, professionnel libéral, auto-entrepreneur par exemple) ;
– gérant associé unique d’une EURL dont l’effectif ne dépasse pas 20 salariés ;
– gérant associé majoritaire d’une SARL ou d’une société d’exercice libéral à responsabilité limitée (SELARL) dont l’effectif ne dépasse pas 20 salariés. 

 Attention : ce statut ne peut pas bénéficier à la personne vivant en concubinage avec le chef d’entreprise. 

L’époux(se) ou partenaire de Pacs : 

– doit exercer une activité professionnelle régulière et habituelle dans l’entreprise ;
– doit faire l’objet d’une mention au RCS pour les commerçants ou au répertoire des métiers (RM) pour les artisans ;
– ne doit pas être rémunéré ;
– ne doit pas être associé de la société.

L’époux(se) ou partenaire de Pacs d’un commerçant ou d’un artisan est présumé mandataire et peut ainsi accomplir des actes d’administration et de gestion courante (faire un devis, signer les factures par exemple). Si ces actes sont accomplis pour les besoins de l’entreprise, seule la responsabilité du chef d’entreprise peut être engagée. 

Le conjoint collaborateur bénéficie de la formation professionnelle, d’une protection sociale et doit être affilié à un régime d’assurance vieillesse. A ce titre, il est redevable auprès de la Sécurité sociale des indépendants, des cotisations relevant de la retraite de base, de la retraite complémentaire et de l’assurance invalidité-décès. 

L’époux(se) ou partenaire de Pacs d’un micro-entrepreneur bénéficie aussi des conditions simplifiées de paiement des cotisations sociales liées au régime micro-social. 

Ce statut prend fin  : 

– sur demande de l’époux(se) ou partenaire de Pacs du chef d’entreprise ;
– automatiquement en cas de changement de statut de l’entreprise, de décès de l’entrepreneur, de  divorce ou de cessation du Pacs. 

À noter : lorsque l’époux(se) ou le partenaire de Pacs exerce une activité non salariée ou une activité au sein d’une entreprise extérieure (au moins à temps partiel), il est présumé ne pas exercer régulièrement au sein de l’entreprise de son époux(se) ou partenaire de Pacs. 

Conjoint associé

Conditions

Le statut d’associé peut être choisi dans une société dont le dirigeant est l’époux, le partenaire de Pacs ou le concubin : SARL, société en nom collectif (SNC), société d’exercice libéral à responsabilité limitée (SELARL) ou société par actions simplifiée (SAS). 

Pour obtenir ce statut d’associé, l’époux, le partenaire de Pacs ou le concubin doit détenir des parts sociales dans l’entreprise en effectuant un apport (ce qui lui confère un droit de vote lors des assemblées générales de la société). 

L’apport peut être en numéraire (somme d’argent), en nature (un brevet, une machine par exemple) ou en industrie (mise à disposition de son travail, de ses connaissances techniques, de ses services). 

Le partage du bénéfice net se fait au prorata des parts détenues par chacun. 

Lorsque l’époux(se) ou partenaire de Pacs ou concubin est un simple associé, sa responsabilité est limitée à son apport. Toutefois, s’il est cogérant et qu’il commet une faute dans la gestion de l’entreprise, sa responsabilité peut être engagée à hauteur de son patrimoine personnel. 

Il est nécessaire d’indiquer le statut d’associé de l’époux(se), partenaire de Pacs ou concubin : 

– lors de l’immatriculation de l’entreprise ou la déclaration d’activité ;
– au cours de la vie de l’entreprise, dans les 2 mois suivant le début de la participation régulière et effective de celui-ci.

Régime fiscal

L’associé dans une société soumise à l’impôt sur les sociétés (IS) peut percevoir des dividendes. 

Les dividendes n’étant pas considérés comme une rémunération mais comme des revenus de capitaux mobiliers, ils ne sont pas soumis à cotisations sociales mais donnent lieu au paiement à la source des prélèvements sociaux. 

L’associé d’une société soumise à l’impôt sur le revenu est imposable sur sa quote-part de bénéfices dans la catégorie des BIC, BNC ou des bénéfices agricoles (BA), selon l’activité de l’entreprise. 

Régime social

Si le conjoint n’a pas d’activité professionnelle, il est affilié au régime des travailleurs non salariés (TNS) dont dépend le chef d’entreprise. 

Si le conjoint est : 

– à la fois gérant minoritaire ou égalitaire ou salarié de l’entreprise, il est affilié au régime de la sécurité sociale ;
– à la fois gérant majoritaire ou associé non gérant ou non salarié travaillant dans l’entreprise, il est rattaché à la caisse de sécurité sociale des indépendants (ex-RSI).

Cessation

Le statut de l’époux(se) ou partenaire de Pacs associé prend fin si celui-ci cède ses parts sociales. 

En cas de décès du gérant, l’associé demeure dans l’entreprise tant qu’il détient ses parts sociales et peut poursuivre l’exploitation de cette dernière. 

Conjoint salarié
Le statut de salarié peut être adopté par l’époux, le partenaire de Pacs ou le concubin : 

– d’un entrepreneur individuel (commerçant, artisan, professionnel libéral) ;
– d’un dirigeant de société, gérant associé unique ou gérant associé majoritaire d’une SARL.

Le salarié doit : 

– participer effectivement et habituellement à l’activité de l’entreprise, même à temps partiel ;
– être titulaire d’un contrat de travail, CDD ou CDI ;
– percevoir un salaire correspondant à sa catégorie professionnelle (au moins égal au Smic, soit 1 522 € brut par mois).

En tant que salarié, il bénéficie de la formation professionnelle et d’une protection sociale. 

En principe, la responsabilité du salarié ne peut pas être engagée. Il ne bénéficie pas d’un mandat du chef d’entreprise pour les actes de gestion et exerce ses fonctions sous la subordination du chef d’entreprise. 

Le statut de salarié cesse : 

– en cas de démission ;
– à l’arrivée du terme du contrat de travail en cas de CDD;
– en cas de licenciement.

Percevant une rémunération au titre d’un contrat de travail, il est imposé dans la catégorie des traitements et salaires à l’impôt sur le revenu. 

Pour déclarer son salarié époux, partenaire de Pacs ou concubin, le chef d’entreprise doit procéder, comme pour tout salarié, à une déclaration d’embauche. 

Le salaire du conjoint salarié peut être déduit du résultat imposable de l’entreprise : 

– en totalité lorsque les époux sont mariés sous un régime de séparation de biens, ou lorsque le dirigeant a adhéré à un centre de gestion agrée ;
– dans la limite du montant annuel du Smic, lorsque les époux sont mariés sous un régime de communauté sans adhésion à un centre de gestion agrée.

Rémunération excessive du gérant et abus de majorité

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Un associé minoritaire attaque les délibérations d’une assemblée ayant aboutit à l’augmentation de salaire du gérant et mise en réserve systématique des bénéfices. La Cour d’appel lui donne tort au motif que l’augmentation de la rémunération du gérant est justifiable par le fait qu’il assume seul le travail effectué auparavant par deux co-gérants et que la mise en réserve fait suite aux faibles montants des bénéfices dus à un contexte économique difficile. Mais la Cour de cassation donne raison à l’associé minoritaire : la hausse de rémunération du gérant est contraire à l’intérêt social, eu égard aux faibles montants des bénéfices en découlant, et prise dans l’intérêt unique du majoritaire, qui est le gérant, au détriment du minoritaire, exclu du droit à dividendes…

Extrait de l’arrêt de la Cour de cassation, chambre commerciale du mercredi 20 février 2019.
Pourvoi n° : 17-12050. 

« LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE COMMERCIALE, a rendu l’arrêt suivant : 

Statuant tant sur le pourvoi principal formé par Mme G… que sur le pourvoi incident relevé par M. L… et la société à responsabilité limitée Eurafi (la société Eurafi) ; 

Attendu, selon l’arrêt attaqué, que les parts composant le capital social de la société Eurafi étaient détenues, depuis la date de sa constitution jusqu’en 2013, à 70 % par M. L… et à 30 % par Mme G… ; que M. L… assure depuis 2008 la gérance de la société ; que l’article 15 des statuts de la société prévoit que toutes les décisions collectives sont prises d’un commun accord entre les associés ; que soutenant que les décisions de mise en réserve des bénéfices et d’augmentation des rémunérations du gérant, arrêtées, entre 2009 et 2011, par l’assemblée générale des associés, constituaient un abus de majorité et avaient été prises en violation de l’article 15 précité, Mme G… a demandé la condamnation du gérant à lui payer des dommages-intérêts, l’annulation des délibérations des assemblées générales ayant fixé la rémunération du gérant et consécutivement la condamnation de ce dernier à rembourser à la société Eurafi les rémunérations perçues au titre des exercices 2009 à 2011 ; 

Sur le moyen unique du pourvoi principal, pris en ses deuxième et troisième branches : 

Vu l’article 1382, devenu 1240, du code civil ; 

Attendu que pour juger que les décisions de mise en réserve des bénéfices et d’augmentation des rémunérations du gérant ne constituaient pas un abus de majorité et rejeter la demande de dommages-intérêts formée par Mme G…, l’arrêt énonce que l’absence de distribution de dividendes au cours des exercices 2008 et 2009 était une mesure de prudence dans un contexte économique difficile pour le secteur de l’assurance, que le faible montant des bénéfices réalisés par la société en 2010 et 2011 n’a pas permis de distributions significatives aux associés et que l’augmentation de la rémunération de M. L… s’explique par le fait qu’il assumait seul depuis 2008 le travail effectué auparavant par les deux co-gérants ; 

Qu’en se déterminant ainsi, par des motifs impropres à exclure que ces décisions aient été prises contrairement à l’intérêt social et dans l’unique but de favoriser les intérêts de M. L…, dès lors que le faible montant des bénéfices résultait nécessairement de la décision de ce dernier d’augmenter sa rémunération de gérant de près du double en quatre ans, Mme G… faisant valoir à cet égard qu’entre 2008 et 2012, M. L… avait fait passer sa rémunération de 121 743 euros en 2008 à 234 660 euros en 2011 et encore 222 056 euros en 2012, soit une hausse de 100 % sur la période considérée, la cour d’appel n’a pas donné de base légale à sa décision ; 

Et sur le moyen unique du pourvoi incident :

Vu l’article L. 235-1 du code de commerce ; 

Attendu que pour annuler les décisions prises les 20 et 30 juin 2009, le 30 juin 2011 et le 31 juillet 2012, l’arrêt, après avoir relevé que l’article L. 223-29 alinéa 1er du code de commerce n’interdit pas que les statuts prévoient des majorités plus élevées que la majorité légale et que l’article 15 des statuts stipule que les décisions collectives ne modifiant pas les statuts doivent être prises à l’unanimité lorsque la société ne comporte que deux associés, retient que les décisions fixant la rémunération du gérant, adoptées à la majorité, ont été prises en méconnaissance des stipulations du pacte social relatives au droit de vote des associés et qu’elles doivent être annulées ; 

Qu’en statuant ainsi, alors que selon l’article L. 235-1 du code de commerce, la nullité des actes ou délibérations pris par les organes d’une société commerciale ne peut résulter que de la violation d’une disposition impérative du livre II du même code ou des lois qui régissent les contrats et que, sous réserve des cas dans lesquels il a été fait usage de la faculté, ouverte par une disposition impérative, d’aménager conventionnellement la règle posée par celle-ci, le non-respect des stipulations contenues dans les statuts ou dans le règlement intérieur n’est pas sanctionné par la nullité, la cour d’appel a violé le texte susvisé ; 

PAR CES MOTIFS, et sans qu’il y ait lieu de statuer sur le dernier grief : 

CASSE ET ANNULE, mais seulement en ce qu’il rejette la demande de dommages-intérêts formée par Mme G… pour abus de majorité et annule les décisions au titre des décisions d’augmentation des rémunérations de M. L… prises lors des assemblées générales ordinaires de la société Eurafi des 20 juin 2009, 30 juin 2010, 30 juin 2011 et 31 juillet 2012, l’arrêt rendu le 8 novembre 2016, entre les parties, par la cour d’appel de Paris ; remet, en conséquence, sur ces points, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Paris, autrement composée ; 

Laisse à chaque partie la charge de ses dépens ; 

Vu l’article 700 du code de procédure civile, rejette les demandes ; 

Dit que sur les diligences du procureur général près la Cour de cassation, le présent arrêt sera transmis pour être transcrit en marge ou à la suite de l’arrêt partiellement cassé ; 

Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, chambre commerciale, financière et économique, et prononcé par le président en son audience publique du vingt février deux mille dix-neuf.Photo : Pixabay – 3dman_eu.

Réserve de propriété et liquidation judiciaire

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Une société est mise en liquidation après avoir reçu pour 107 486 € de marchandises, sous réserve de propriété, qu’elle n’a pas réglées. Le vendeur des marchandises revendique la marchandise auprès du liquidateur. Sans réponse de ce dernier, le vendeur s’adresse au juge commissaire, en revendication du prix de revente, qui lui donne raison. Mais le liquidateur refuse de lui restituer le montant de la marchandise qui a été revendue 106 235 € au motif que le vendeur n’aurait pas revendiqué auprès du liquidateur le prix de revente. La Cour de cassation donne tort au liquidateur car le vendeur peut revendiquer devant le juge-commissaire le prix de revente des marchandises réglé par le sous-acquéreur après le jugement ouvrant la procédure collective, dès lors qu’il a bien suivi la procédure préliminaire de revendication du bien devant le liquidateur judiciaire. Le liquidateur est condamné à reverser les 106 235 € au vendeur, prioritairement aux autres créances…

Extrait de l’arrêt de la Cour de cassation, civile, Chambre commerciale du 5 décembre 2018.
Pourvoi n° : 17-15973. 

« LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE COMMERCIALE, a rendu l’arrêt suivant : 

Attendu, selon l’arrêt attaqué (Amiens, 26 janvier 2017), que la société Aka France (la société Aka) a vendu des marchandises à la société Dumesnil entre avril et juin 2014 ; que les factures correspondantes sont restées impayées à concurrence d’un montant de 107 486,18 euros TTC ; que par un jugement du 16 octobre 2014, la société Dumesnil a été mise en liquidation judiciaire, la société Bernard et Nicolas X… étant désignée liquidateur ; que se prévalant d’une clause de réserve de propriété, la société Aka a, le 4 novembre 2014, revendiqué les marchandises auprès du liquidateur ; qu’aucune réponse n’ayant été apportée à sa demande, elle a saisi le juge commissaire d’une requête en revendication le 16 décembre 2014 portant à la fois sur les biens existant en nature au jour du jugement d’ouverture et sur leur prix de revente ; que le 22 décembre 2014, le liquidateur a acquiescé à la revendication de six cartons de marchandises qui n’avaient pas été revendus, représentant une valeur de 1 251,18 euros ; que le tribunal, statuant sur un recours formé contre l’ordonnance du juge-commissaire, a autorisé la société Aka à reprendre les six cartons et les marchandises trouvées dans les locaux ainsi qu’à exercer sa revendication sur le prix des marchandises vendues par le commissaire priseur, et a déclaré irrecevable la revendication sur le prix des marchandises revendues avant l’ouverture de la liquidation judiciaire pour la somme de 106 235 euros ; 

Sur le premier moyen : 

Attendu que la société Bernard et Nicolas X…, ès qualités, fait grief à l’arrêt d’infirmer le jugement sauf en ce qu’il a autorisé la société Aka à reprendre les marchandises en nature pour un montant de 1 251,18 euros, et de déclarer recevable la revendication du prix de revente du reste des marchandises alors, selon le moyen, que la revendication du prix de revente, par le vendeur, auprès du débiteur, doit être soumise à l’acquiescement préalable du liquidateur, faute de quoi elle est irrecevable, peu important que le vendeur ait revendiqué les marchandises en nature dans le délai légal ; qu’en jugeant le contraire, la cour d’appel a violé les articles L.624-9, L. 624-16, L.624-18, R. 624-13 et R. 641-31 du code de commerce ; 

Mais attendu que dès lors que la procédure préliminaire de la revendication du bien devant l’administrateur ou à défaut devant le débiteur, ou le liquidateur, prévue par les articles R. 624-13 et R. 641-31 du code de commerce, qui constitue un préalable obligatoire à la saisine du juge-commissaire, a été suivie, le revendiquant est recevable à saisir ce juge d’une demande de revendication du prix du bien ; qu’ayant constaté que la société Aka avait adressé au liquidateur sa demande de revendication des biens le 4 novembre 2014, puis, à défaut d’acquiescement de celui-ci, avait saisi le juge-commissaire, le 16 décembre 2014, d’une demande de revendication des biens en nature ou de leur prix de revente, l’arrêt retient exactement que la fin de non-recevoir opposée par le liquidateur à la revendication du prix de revente des marchandises doit être rejetée ; que le moyen n’est pas fondé ; 

Et sur le second moyen : 

Attendu que la société Bernard et Nicolas X…, ès qualités, fait grief à l’arrêt de dire bien fondée la revendication du prix de revente du reste des marchandises et de dire que le liquidateur doit verser à la société Aka la somme de 106 235 euros au titre de la revendication du prix de vente des marchandises revendues par la société Dumesnil, par priorité à toute autre créance, alors, selon le moyen : 

1°/ que lorsqu’il revendique auprès du débiteur, non les marchandises elles-mêmes vendues avec réserve de propriété mais leur prix, le vendeur doit prouver que ce prix a été payé en tout ou partie par les sous-acquéreurs après le jugement d’ouverture de la procédure collective ; qu’en jugeant pourtant que le liquidateur ayant seul accès à la comptabilité du débiteur et étant resté taisant, il lui appartenait de prouver la date du paiement par le sous-acquéreur, la cour d’appel a violé l’article 1315 du code civil, dans sa rédaction antérieure à l’ordonnance du 10 février 2016 ; 

2°/ que le silence opposé à l’affirmation d’un fait ne vaut pas, à lui seul, reconnaissance de ce fait ; qu’en se fondant dès lors sur le seul silence conservé par le liquidateur quant à l’existence d’un paiement du sous-acquéreur postérieur au jugement d’ouverture pour condamner ce liquidateur, la cour d’appel a violé l’article 1315 du code civil, dans sa rédaction antérieure à l’ordonnance du 10 février 2016 ; 

Mais attendu que l’arrêt relève qu’interrogé sur l’état de revente des marchandises par la société Aka, qui n’avait aucun accès à la comptabilité de la société Dumesnil, le liquidateur ne dément pas n’avoir pas répondu, et que, se bornant à soutenir devant la cour d’appel que la charge de la preuve de la date du paiement reposait sur le revendiquant et que la liquidation judiciaire de la société Dumesnil ayant été immédiate avec cessation d’activité, elle ne pouvait parfaire la vente postérieurement à la liquidation, il ne conteste pas l’existence d’un paiement des marchandises postérieurement au jugement d’ouverture de la liquidation judiciaire de la société Dumesnil ni la période de sa survenance ; qu’ayant ainsi souverainement apprécié, sans inverser la charge de la preuve ni se fonder sur le seul silence du liquidateur, que la preuve d’un paiement du prix de revente postérieurement au jugement d’ouverture était rapportée, la cour d’appel a légalement justifié sa décision ; que le moyen n’est pas fondé ; 

PAR CES MOTIFS : 

REJETTE le pourvoi ; 

Condamne la société Bernard et Nicolas X…, en qualité de liquidateur de la société Dumesnil, aux dépens ; 

Vu l’article 700 du code de procédure civile, rejette les demandes ; 

Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, chambre commerciale, financière et économique, et prononcé par le président en son audience publique du cinq décembre deux mille dix-huit. MOYENS ANNEXES au présent arrêt. »

Photo : Gilles Paire – Fotolia.com.

Les formalités de la vente de fonds de commerce

Le CABINET CASTEL gère l’intégralité des
formalités de la vente


“Information des salariés, purge du droit de préemption, réquisition d’états d’inscription, enregistrement de l’acte, publication de l’acte, inscription de privilège et de nantissement, déclarations au CFE et au fisc…
les formalités préalables et postérieures à la vente sont nombreuses.”

PRATIQUE et EFFICACITé 

Vente à distance : tout savoir sur le délai de rétractation

par Bercy Infos, le 28/06/2017 – Litiges

Lorsque vous achetez par Internet ou par téléphone, vous avez le droit de changer d’avis pendant 14 jours. Quelles sont les démarches à faire pour obtenir le remboursement ? Quelles sont les conditions ? Toutes nos réponses.

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Qu’est-ce que le délai de rétractation ?

Le délai de rétractation est un droit renforcé par la loi-Consommation qui permet aux consommateurs de disposer d’un délai de 14 jours pour changer d’avis en cas d’achat par Internet ou par téléphone.

Attention ! Le délai de rétractation n’est pas applicable pour certains contrats précisés dans l’article L221-28 du code de la Consommation.

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Liste des contrats pour lesquels le droit de rétractation ne peut pas être exercé

Que doit-on comprendre par contrat ?

Le délai de rétractation s’exerce dans le cadre d’un contrat à distance, à la suite d’un démarchage téléphonique ou hors établissement.

L’article L221-1 du code de la Consommation définit le contrat à distance comme « tout  contrat conclu entre un professionnel et un consommateur, dans le cadre d’un système organisé de vente ou de prestation de services à distance, sans la présence physique simultanée du professionnel et du consommateur, par le recours exclusif à une ou plusieurs techniques de communication à distance jusqu’à la conclusion du contrat »

Lire aussi : Droits du consommateur : les démarches à suivre en cas de litige avec une entreprise

Jusqu’à quand pouvez-vous utiliser votre droit de rétractation ?

L’article L221-18 du code de la Consommation stipule que « le délai de [14 jours court] à compter du jour :

  • de la conclusion du contrat, pour les contrats de prestation des services […] ;
  • de la réception du bien par le consommateur […] »

Si vous avez effectué une commande avec plusieurs biens livrés ou dans le cas d’une commande d’un bien composé de lots multiples, le délai court à compter de la réception du dernier bien ou lot ou de la dernière pièce.

Pour les contrats prévoyant la livraison régulière de biens, tels que l’abonnement à des magazines par exemple, le délai court à compter de la réception du premier bien.

A savoir : le vendeur est tenu de vous informer si vous avez le droit de rétractation ou non. Si vous bénéficiez de ce droit, il doit préciser les conditions, le délai et les modalités d’exercice de ce droit.

Lire aussi : Comment acheter en ligne en toute sécurité | Se prémunir contre les faux avis de consommateurs sur internet

Comment exercer votre droit de rétractation ?

Un formulaire type de rétractation doit  vous être fourni avec le contrat. Vous pouvez l’utiliser pour faire valoir votre droit de rétractation mais pouvez aussi rédiger vous-même sur papier libre une déclaration exprimant sans ambiguïté votre volonté de vous rétracter.

Le formulaire ou votre déclaration sur papier libre doit être adressé au vendeur avant la fin du délai des 14 jours. Vous n’avez pas à justifier votre décision.

Le produit doit ensuite être retourné au vendeur au maximum 14 jours après avoir envoyé votre rétractation. Les frais de renvoi sont en général à votre charge.

Lire aussi : Sécurité des consommateurs : retrait et rappel des produits

Comment allez-vous être remboursé ?

Après avoir exercé votre droit à la rétractation, vous serez remboursé de la totalité du montant que vous avez versé pour ce bien, ainsi que des frais de livraison, « sans retard injustifié, et au plus tard dans les 14 jours à compter de la date à laquelle il est informé de la décision du consommateur de se rétracter » précise l’article L221-24 du code de la Consommation. Le remboursement sera effectué par le même type de paiement que vous avez utilisé lors de l’achat (espèce, virement, carte bancaire…), sauf si vous donnez votre accord pour être remboursé par un autre moyen de paiement n’occasionnant pas de frais supplémentaire pour vous.

Le vendeur tarde à vous rembourser ? Les sommes qui vous sont dues seront alors majorées en fonction du nombre de jours de retard.

Consulter les taux de majoration

Délai de rétractation pendant les soldes : comment ça marche ?

Pendant les soldes, le droit de rétractation s’exerce dans les mêmes conditions.

Lire aussi : Soldes : consommateurs, quels sont vos droits ? | E-commerçants, ce qu’il vous faut savoir sur les délais de rétractation

Trains retardés ou annulés : quels sont vos droits ?

par Bercy Infos, le 04/04/2018 – Consommation

Toute personne voyageant en train en France ou dans un autre pays de l’Union européenne (UE) dispose de droits, en cas de retards à l’arrivée, de correspondances manquées, de trains reportés ou annulés … Les connaissez-vous ?

© Bercy Photos

La responsabilité des entreprises ferroviaires en cas de retards, de correspondances manquées ou d’annulation est régie par le règlement CE n°1371/2007 du Parlement européen et du Conseil du 23 octobre 2007 sur les droits et obligations des entreprises ferroviaires.

Quel remboursement en cas de grève ?

Durant la grève nationale annoncée à partir du 3 avril 2018, la SNCF indique sur son site Internet que des remboursements sont possibles pour les voyageurs n’ayant pas pu prendre le train.

Les modalités de remboursement et d’échange dépendent du type de train sur lesquels vous aviez prévu de voyager (TGV, Ouigo, TER, TGVMax, TGV Lyria, Eurostar…)

En savoir plus sur le site de la SNCF

Quelle indemnisation pour un retard de train ?

Le voyageur qui subit un retard entre son lieu de départ et le lieu de destination indiqués sur le billet peut être indemnisé par l’entreprise ferroviaire.

Les indemnisations minimales sont les suivantes :

  • 25 % du prix du billet en cas de retard d’une durée comprise entre 60 et 119 minutes;
  • 50 % du prix du billet en cas de retard de 120 minutes ou plus.

Une indemnisation est également prévue pour les voyageurs qui détiennent une carte de transport ou un abonnement et sont confrontés à des retards ou à des annulations récurrents pendant sa durée de validité.

L’indemnisation relative au prix du billet doit être payée par l’entreprise ferroviaire dans le mois qui suit le dépôt de la demande d’indemnisation. L’indemnisation peut prendre la forme de bons et/ou d’autres services. Elle peut être payée en espèces à la demande du voyageur.

Un seuil minimal en-dessous duquel aucune indemnisation n’est payée peut être fixé par l’entreprise ferroviaire, sans qu’il ne dépasse 4€.

Lire aussi : Séjour à l’hôtel : comprendre vos droits en 5 questions

Comment faire la demande d’indemnisation auprès de la SNCF ?

Pour la SNCF, la demande d’indemnisation peut se faire via un formulaire en ligne ou par courrier à : Service G30 SNCF – CS 69150 – 14949 Caen Cedex 9.

Il est nécessaire d’indiquer : la référence de son dossier figurant sur le billet (référence à 6 lettres), la date du voyage, le numéro du train, ses nom et prénom, ses coordonnées postales. Il faut également joindre son billet, ainsi que le bulletin de retard original remis en gare à l’arrivée du train.

>> Retards et remboursements : Aide en ligne sur le site de la SNCF

À noter

Le voyageur n’a droit à aucune indemnisation :

  • s’il a été informé du retard avant d’acheter le billet ;
  • si le retard imputable à la poursuite du voyage à bord d’un autre train ou à un réacheminement reste inférieur à soixante minutes.

Lire aussi : Bagage perdu ou endommagé… La compagnie aérienne vous doit des comptes

Quelle assistance aux voyageurs en cas de retard de train ?

En cas de retard de trains à l’arrivée ou au départ, l’entreprise ferroviaire doit tenir les voyageurs informés de la situation, ainsi que des heures de départ et d’arrivée prévues, dès que celles-ci sont disponibles.

Si le retard est supérieur à soixante minutes, les voyageurs se voient offrir gratuitement, dans la mesure du possible :

  • des repas et des rafraîchissements ;
  • un hébergement, ainsi que le transport entre la gare et le lieu d’hébergement, si un séjour d’une ou de plusieurs nuits devient nécessaire ou qu’un séjour supplémentaire s’impose ;
  • si le train est bloqué sur la voie, le transport entre le lieu où se trouve le train et la gare, l’autre point de départ ou la destination finale du service.

Si le service ferroviaire ne peut plus se poursuivre, les entreprises ferroviaires mettent en place dès que possible d’autres services de transport pour les voyageurs.

À la demande du voyageur, le contrôleur du train certifie sur le billet que le service ferroviaire a été retardé, qu’il a fait manquer une correspondance ou qu’il a été annulé, selon le cas.

Lire aussi : Refus d’embarquement pour cause de surbooking : quels sont vos droits ?

Remboursement et réacheminement en cas de retard de train

Lorsqu’on peut s’attendre à ce qu’un train arrive avec plus de soixante minutes de retard, les voyageurs doivent se voir proposer :

  • le remboursement intégral du billet ainsi que, s’il y a lieu, un voyage de retour jusqu’au point de départ initial dans les meilleurs délais;
  • la poursuite du voyage ou un réacheminement vers la destination finale, dans des conditions de transport comparables, dans les meilleurs délais ou à une date ultérieure, à leur convenance.

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Publié initialement le 14/06/2017

Pouvez-vous utiliser votre logement comme local professionnel ?

04/05/2017

Source 

Vous souhaitez transformer un local d’habitation en local professionnel ? Des formalités administratives peuvent être nécessaires auprès de la mairie, au regard notamment du changement d’usage ou de destination. Retour sur les formalités à remplir.

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L’autorisation de changement d’usage d’un logement

La réglementation du changement d’usage est régie par le code de la construction et de l’habitation : elle ne concerne que les locaux d’habitation transformés pour un autre usage, notamment s’il s’agit d’une location qui devient une activité économique (bureaux, commerce, location touristique de meublé, etc.).

Vous ne devez solliciter l’autorisation de changement d’usage que dans les cas suivants :

  • si votre projet de transformation concerne un local d’habitation, c’est-à-dire toutes les catégories de logements et leurs annexes, même les logements-foyers, loges de gardien, chambres de service, logements de fonction, logements inclus dans un bail commercial ou encore locaux meublés,
  • si le logement est situé dans les communes de plus de 200 000 habitants et dans les départements des Hauts-de-Seine (92), de la Seine-Saint-Denis (93) et du Val-de-Marne (94), sauf dans les zones franches urbaines (ZFU).

L’autorisation est à demander auprès de la mairie.

Un cas fréquent

L’autorisation de changement d’usage n’est pas nécessaire lorsque l’activité professionnelle, même commerciale, est exercée par l’occupant ayant sa résidence principale dans le local et lorsqu’elle ne s’accompagne d’aucun accueil de clientèle ni de réception de marchandises.

Aucune autorisation n’est nécessaire si le changement d’usage concerne la transformation de locaux commerciaux (magasin, bureau…) en locaux d’habitation.

Lire aussi : Création d’entreprise : comment déclarer votre activité

L’autorisation de changement de destination d’un local d’habitation

La transformation d’un logement en local professionnel (ou d’un commerce en bureaux ou habitation par exemple) doit recevoir une autorisation d’urbanisme.

L’existence ou non de travaux définit le type de demande d’autorisation :

  • soit le changement est accompagné de travaux créant plus de 5 m² de surface de plancher ou modifiant les structures porteuses ou la façade de l’immeuble : un permis de construire est nécessaire,
  • soit le changement s’effectue sans travaux, ou avec des travaux d’aménagement intérieur légers : seule une déclaration préalable est exigée.

La demande de permis de construire ou la déclaration préalable tiennent lieu de demande d’autorisation exigée pour un changement d’usage.

Le code de l’urbanisme prévoit également, en cas de changement de destination ayant pour objet la création de locaux de travail dans la région Île-de-France, l’obligation d’obtenir un agrément administratif. L’agrément doit être demandé si le projet concerne une surface supérieure à 1 000 m², un seuil qui exempte dans les faits un grand nombre des transformations de logements à des fins professionnelles.

L’autorisation est à demander auprès de la mairie.

Ne pas oublier l’accord de la copropriété

En plus de ces formalités administratives, des démarches d’ordre privé peuvent être nécessaires : par exemple dans un immeuble soumis au statut de la copropriété, l’accord de l’assemblée des copropriétaires, ou dans un logement loué, l’accord du bailleur.

Déclaration pour mise à jour de la valeur locative

Les changements d’affectation des propriétés bâties et d’utilisation des locaux à usage professionnel ou commercial doivent être déclarés auprès de l’administration fiscale afin de mettre à jour la valeur locative cadastrale des locaux, base du calcul de la taxe foncière.

Le propriétaire doit adresser, au bureau du cadastre dont dépendent les locaux, la déclaration IL n°6704 dans les 3 mois (90 jours) de la réalisation du changement d’affectation.

L’autorisation est à demander auprès de l’administration fiscale.

Formulaire de changement d’affectation des propriétés bâties et non bâties (n°6704)