Désistement de la partie civile ni manifeste ni sans équivoque

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Le désistement de la partie civile en cours d’information suppose l’existence d’une renonciation par laquelle le plaignant manifeste sans équivoque sa volonté d’abandonner l’action, sans condition et en l’état.

Un salarié porte plainte et se constitue partie civile contre son employeur du chef de discrimination syndicale. À l’issue de l’information, alors que l’avis prévu par l’article 175 du Code de procédure pénale a été adressé aux parties et que le ministère public a pris des réquisitions aux fins de non-lieu, son conseil écrit au juge d’instruction pour l’informer de ce qu’il a fait citer directement la partie adverse devant le tribunal correctionnel à raison des faits visés dans la plainte initiale ainsi que de faits nouveaux, et pour lui demander en conséquence de donner acte à son client du désistement de sa plainte et «  procéder à la radiation de ce dossier d’instruction » Le magistrat instructeur, tout en relevant que « la partie civile a fait choix d’un autre mode procédural pour faire état des infractions pénales dont elle serait victime », procède au règlement de l’information par une ordonnance de non-lieu pour insuffisance de charges et le salarié relève appel de cette décision.

La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris déclare l’appel irrecevable au motif qu’en faisant délivrer à son employeur une citation directe devant la juridiction correctionnelle et en en informant le juge d’instruction parallèlement saisi, le salarié a manifesté sa volonté non équivoque de se désister de sa constitution de partie civile, que lorsque, dans son ordonnance de non-lieu, le magistrat instructeur lui a donné acte de ce désistement, la juridiction correctionnelle était dûment saisie de sa nouvelle action et qu’il en était de même lorsque l’intéressé a relevé appel de ladite ordonnance. Les juges en concluent que le demandeur n’avait plus qualité à cette date pour former un tel recours.

L’arrêt  est cassé par la chambre criminelle de la Cour de cassation.

Le désistement du demandeur était subordonné à la condition que le juge d’instruction s’abstînt de procéder au règlement d’une information, à laquelle ce seul désistement n’était pourtant pas de nature à mettre un terme. La chambre de l’instruction, qui n’était dès lors pas fondée à retenir que l’intéressé avait renoncé à sa qualité de partie civile sans condition ni équivoque, méconnaît ainsi le droit de l’intéressé d’interjeter appel d’une ordonnance de non-lieu.

Arrêt

Cass. crim., 17 oct. 2017, n° 16-83643

 

 

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