La salariée démissionne et change d’avis, la Cour de cassation lui donne raison

Mardi 12 Février 2019 – 12:52

La salariée avait rédigé sa lettre de démission, dictée par son employeur.

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La Cour de cassation a rendu une décision qui pourrait impacter en profondeur le droit du travail: une employée avait proposé sa démission suite à une affaire de vol avant de revenir sur sa décision quelques jours après avoir rédigé et envoyé un courrier sur indication de son employeur. La plus haute juridiction française a estimé que c’était son droit.

C’est une décision passée inaperçue dans le flot des actualités économiques, elle pourrait pourtant modifier en profondeur le droit du travail. Dans un arrêt du 23 janvier 2019 (voir ici), la Cour de cassation a cassé un jugement de cour d’appel, et donné raison –au moins sur la forme– à une plaignante qui contestait sa démission.

La plaignante avait en effet démissionné et adressé une lettre à son employeur avant de la contester. L’employeur avait refusé et estimé que sa salariée devait partir. L’affaire avait fini en justice et la cour d’appel avait donné raison à l’employeur.

Dans l’affaire en question, une employée a été surprise par son patron dans ce qui semble être un flagrant délit de vol dans les rayons. Pour éviter le scandale de repartir encadrée par deux gendarmes, le responsable souhaitant appeler les forces de l’ordre, la salariée propose sa démission immédiate. L’employeur accepte finalement mais va dicter lui-même le contenu de la lettre évoquant des “convenances personnelles” de la part de la salariée. Après cet arrangement, la salariée quitte les locaux définitivement. Le 27 décembre, elle conteste cette démission. L’affaire finit aux prud’hommes.

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La Cour de cassation a estimé qu’indépendamment de la question du vol (la plus haute juridiction française ne juge pas les faits mais le respect du cadre juridique), le droit n’avait pas été respecté. Le fait que la lettre de démission soit dictée par l’employeur fait peser le doute d’une démarche qui pourrait ne pas être le fait du libre-arbitre de l’employée. En conséquence, la Cour de cassation a annulé le jugement de la Cour d’appel qui refusait la requalification de cette démission en licenciement sans cause réelle et sérieuse, ce qui aurait ouvert la voie à une indemnisation de la salariée.

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