L’avocat : Les grands noms

Les Avocats d’Aujourd’hui:

 

 

L’ Avocat moderne ne serait pas ce qu’il est devenu sans eux…

… mais cette esquisse est forcément incomplète : des milliers d’Avocats anonymes ont contribué à l’Histoire, qu’il leur soit rendu ici hommage.

TRONCHET (1726 – 1806)

François Denis TRONCHET fut le dernier Bâtonnier avant la Révolution Française.

 Mais la postérité s’en souvient comme du défenseur de Louis XVI (avec de SEZE et MALESHERBES) et il sera inhumé au Panthéon.

DE SEZE (1748 – 1828)

 Avocat de Louis XVI, en 1815 Romain de SEZE sera nommé Premier Président de la Cour de Cassation.

 “…Citoyens!! je cherche parmi vous des juges et je n’y vois que des accusateurs…! Vous voulez vous prononcer sur le sort de Louis et c’est vous mêmes qui l’accusez!!…. Vous voulez vous prononcer sur le sort de Louis?? et vous avez émis d’avance votre opinion…. en admettant que le roi soit coupable, il est donc sensé avoir abdiqué,… devenu citoyen, il ne peut être jugé que pour des faits postérieurs à son abdication…”

26 décembre 1792 devant la Convention

BERRYER (1790 – 1868)

 Pierre Antoine BERRYER (fils de Pierre Nicolas BERRYER, défenseur entre autre du Maréchal NEY) a mené à la perfection l’Art de la Parole, en défendant notamment CAMBRONNE, la Duchesse de BERRY, CHATEAUBRIAND, Louis Napoléon BONAPARTE.

Très apprécié par ses confrères il sera élu Bâtonnier et un monument a été érigé à sa mémoire dans la Salle des Pas Perdus du Palais de Justice de Paris : sa statue le représente la robe ouverte, laissant voir son habit de député.

En outre, un célèbre concours d’éloquence à Paris, réputé pour chahuter les jeunes Avocats, porte son nom(“La Berryer”).

 GREVY (1807 – 1887)

 Jules GREVY concilia durant toute sa vie sa vie d’avocat et sa vie d’homme politique, ne délaissant pas l’une pour l’autre et réussissant brillamment les deux.

Jules GREVY s’inscrit au Barreau en 1837 et devient un civiliste réputé. Il entre au Conseil de l’Ordre en 1862 et est élu Bâtonnier de PARIS en en 1868.

Républicain convaincu, il est élu député en 1848. Il restera l’une des figures de l’opposition à Napoléon III. Jules GREVY est élu Président de la République en 1879.

Mais, c’est une affaire judiciaire (un trafic de décorations) qui le poussera à la démission lors de son second septennat.

 ROBERT (1863-1936)

 Henri ROBERT fut un très grand Avocat d’Assises.

Henri ROBERT excellait à préparer une plaidoirie : mais c’est la salle entière qu’il composait. Pour la première fois, un Avocat forge des arguments au fur et à mesure de l’audition des témoins, faisant progressivement évoluer l’opinion, la plaidoirie résumant le tout de façon énergique, concise et percutante en ne mettant en relief que deux ou trois arguments décisifs.

Henri ROBERT fut Bâtonnier et élu à l’Académie Française.

 DE MORO-GIAFFERI (1878 – 1956)

 Selon certains, l’origine du talent de Vincent de MORO-GIAFFERY provenait de son caractère gai, enjoué et spirituel, qui le faisait improviser totalement ses plaidoiries.

Ses plaidoiries et son génie dramatique dans les affaires LANDRU, CAILLAUX, WEILLER, “bande à BONNOT” et STAVISKY ont fait sa gloire. Il est aussi intervenu dans l’affaire SEZNEC, qu’il a préféré échanger contre un poste au gouvernement en 1924.

Il a plaidé jusqu’à son dernier souffle à 78 ans.

 “… l’époux d’une quelconque des disparues est-il veuf? peut-il se remarier? un descendant prétendre à l’héritage?? Non ! la loi s’y refuse, faute d’une certitude matérielle du décès!! Alors, au nom des lois qui nous régissent, ne nous accusez pas d’avoir tué des femmes qui ne sont pas mortes!!!…”

30 novembre 1921 pour LANDRU

MIROPOLSKY (…. – ….)

  Elle fut la cinquième avocate en France…. mais la première qui ait réellement affronté la rumeur et la curiosité en ne quittant pas le barreau et en gagnant sa vie grâce à cette profession!

Elle se disait féministe et avait une clientèle essentiellement féminine.

Elle acquis sa notoriété (et la couverture des journaux) en gagnant son tout premier dossier d’Assises, en faisant acquitter une femme qui avait tué avec préméditation et guet-apens.

GARCON (1889 – 1967)

 Maurice GARCON s’est illustré dans de nombreux domaines : notamment, l’affaire NAUNDORF (descendant prétendu de Louis XVII), succession BONNARD, défenseur de l’Académie Goncourt.

Il excella en tant qu’ Avocat d’Assises et Avocat de lettres, d’ ailleurs, il fut élu à l’Académie Française en 1946.

Sa parfaite, voire méticuleuse, connaissance des dossiers lui permettait de brosser un exposé simple des faits, et de poser des idées claires qui emportait la conviction.

 FLORIOT (1902-1975)

 René FLORIOT lors d’un procès menait le débat et savait où il devait aller, où il devait emmener le Tribunal ; connaissant l’affaire dans le moindre détail, il soulevait les points qui déstabilisent et font ressortir les contradictions.

Ce fut notamment l’Avocat du docteur PETIOT.

 ” Comment? On a interné mon client dans un asile psychiatrique parce qu’il avait volé un livre à l’étalage d’une librairie? Aujourd’hui qu’il est accusé d’avoir assassiné 27 personnes, on le tient pour un homme normal et sain d’esprit??? A t-on cherché à savoir s’il n’y avait pas de problème dans sa famille? N’a t-on pas trouvé chez sa soeur des signes d’aliénation mentale?

L’expert : … les proches de PETIOT jouissent d’un parfait équilibre mental, sa soeur comme les autres.

 Me FLORIOT : … navré, mais mon client n’a pas de soeur!!…”

18 mars 1946 pour PETIOT

ISORNI (1911-1995)

 Jacques ISORNI mena le combat désespéré de la défense du Maréchal PETAIN à laquelle il a consacré sa vie.

On le décrit comme un homme doux avec une voie un peu chantante qui pourtant pouvait s’emporter et dépasser les limites (trois ans de suspension lors du procès du Petit Clamart).

 ” Depuis Quand, à des mains françaises qui se tendent, d’autres mains françaises se son elles obstinément refusées?? Oh, ma patrie victorieuse et au bord des abîmes!!…Messieurs, au moment même où la paix s’étend enfin au monde entier, que le bruit des armes s’est tu et que les mères commencent à respirer, ah, que la paix, la nôtre, la paix civile, évite à notre terre sacrée de se meurtrir encore!! Magistrats, écoutez moi, entendez mon appel!! Vous n’êtes que des juges, vous ne jugez qu’un homme… mais vous portez dans vos mains le destin de la France!!!”

14 août 1945 pour PETAIN

HALIMI (1927)

 Gisèle HALIMI est née en Tunisie d’un père berbère et d’une mère juive.

Très tôt, elle est sensibilisée à la condition féminine : elle défend en 1972 une jeune-fille qui s’est faite avorter à la suite d’un viol ; ce sera le procès de la loi anti-avortement.

Plus tard, après le vote de la loi Veil sur l’interruption volontaire de grossesse, Gisèle HALIMI embrassera la cause de l’égalité entre les hommes et les femmes.

Elle militera également pour le droit des peuples à disposer d’eux-même en devenant l’un des principaux avocats du FLN (front de libération algérien) et en révélant le dossier de Djamila Boupacha, une jeune femme torturée par des militaires français, puis en présidant en 1967 la commission d’enquête du tribunal Russel sur les crimes de guerre perpétrés par les américains au Vietnam.

“Parité, j’écris ton nom.”

BADINTER (1928)

 Robert BADINTER, devenu Garde des Sceaux, n’a pas oublié son action militante en tant qu’Avocat pour l’abolition de la peine de mort : il sera à l’origine de la loi abolitionniste qu’il soutiendra devant les députés.

Mais il est également à l’origine de la grande loi de 1985 en faveur de la protection et de l’indemnisation des victimes des accidents de la route.

 “Demain, grâce à vous, la justice française ne sera plus une justice qui tue. Demain, grâce à vous, il n’y aura plus pour notre honte commune, des exécutions furtives, à l’aube, sous le dais noir, dans les prisons françaises. Demain, les pages sanglantes de notre justice seront tournées. A cet instant, j’ai le sentiment d’assumer, au sens ancien, au sens noble, le plus noble qui soit, le mot de ministère c’est le service, j’ai le sentiment de l’assumer. Demain, c’est l’abolition. Législateurs français, de tout mon cour, je vous remercie.”

proxyJacques Vergès

Le premier dossier que Jacques Vergès a géré en tant qu’avocat concerne la Sonacotra. Il s’engage dans une « défense de rupture » (appelée aussi « stratégie de rupture »), plutôt que ce qu’il appelle la « défense de connivence », qui était classiquement plaidée : l’accusé se fait accusateur, considère que le juge n’a pas compétence ou que le tribunal n’a pas la légitimité, prend l’opinion à témoin. La défense de rupture se distingue également de la « présence offensive », développée par Bernard Ripert. Si cette méthode est peu efficace sur le plan judiciaire, elle participe à créer un courant de sympathie dans l’opinion : cela lui a notamment permis, lors de la guerre d’Algérie, d’éviter la peine de mort à plusieurs de ses clients, même s’ils écopent de lourdes peines. Concernant sa postérité, les nouveaux moyens de communication ont rendu la technique obsolète11.

Assemblée Nationale le 17 septembre 1981

Exposition “Paris et ses Avocats” ;

Histoire des Avocats en France, Dalloz ;

“Les grands procès”, Larousse

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